JDLE14/04/2008
Alors que l’Ademe élabore une nouvelle méthodologie destinée à mesurer l’impact environnemental des agrocarburants de première génération, Diane Vandaele, chargée de mission agriculture et
changement climatique au sein du Réseau action climat France, revient pour le JDLE sur les méthodes de calcul utilisées.
Pourquoi la méthode de l’Ademe avait-elle besoin d’être réactualisée?
La première étude sur l’impact environnemental des agrocarburants de première génération a été réalisée avec la Direction des ressources énergétiques et minérales (Direm) en 2002. La méthodologie
utilisée a, par la suite, été controversée. Le Réseau action climat France (Rac-F) a remis en cause les méthodes de calculs dès 2005, tout comme l’Institut national de recherche agronomique
(Inra) dans un article sur l’ambivalence des filières agrocarburants. Il s’est avéré aussi qu’aux échelles européennes et internationales, les études sur leurs bilans énergétiques et d’émissions
de gaz à effet de serre (GES) utilisaient une autre méthodologie. On ne compte plus aujourd’hui le nombre d’études qui remettent en cause l’intérêt des agrocarburants et dénoncent leurs impacts
collatéraux sur l’environnement.
Finalement, le Grenelle de l’environnement a conclu, en octobre 2007, qu’une nouvelle étude «exhaustive et contradictoire» devait être demandée à l’Ademe.
Comment calcule-t-on l’impact environnemental d’un agrocarburant?
Il existe plusieurs méthodologies, qui donnent des résultats différents. Celle qu’a utilisée l’Ademe en 2002, dite de l’imputation massique, consiste à affecter les consommations énergétiques et les émissions de GES aux agrocarburants et à leurs coproduits selon leur masse. Cette méthode est simple à mettre en œuvre mais elle ne reflète pas la réalité car les coproduits sont parfois très lourds (vinasses des filières éthanol par exemple). Ils supportent donc une grande part des coûts énergie et GES, améliorant artificiellement les bilans des agrocarburants.
Et les deux autres?
L’imputation au contenu énergétique, plus conforme à la réalité, consiste à affecter les consommations énergétiques et les émissions de GES aux agrocarburants et aux coproduits au prorata de leur contenu énergétique. Enfin, la méthode systémique –ou des impacts évités– fait, quant à elle, supporter la totalité des coûts énergétiques et des émissions de GES aux agrocarburants, puis retire les dépenses énergétiques liées à la production des produits auxquels se substituent les coproduits. Par exemple, pour la filière éthanol de blé, les drèches peuvent se substituer, en alimentation animale, à une partie des tourteaux de soja. Dans ce cas, l’équivalent de la dépense énergétique liée à la fabrication du tourteau de soja (depuis la culture jusqu’à la fabrication du tourteau) est retranché des dépenses énergétiques de la production d’éthanol. Il s’agit de la meilleure méthode, même si elle est parfois difficile à mettre en œuvre.
Quelle méthode a été choisie par l’Ademe cette fois-ci?
Le RAC-F faisait partie du comité technique de l’étude de l'Ademe sur le référentiel des bilans d’énergie et de GES des agrocarburants de première génération. Il semble bien que la méthode retenue sera celle de l’imputation au contenu énergétique et celle des impacts évités sera utilisée quand c’est possible. Il s’agit donc d’un pas en avant! Cependant, les filières d’importation ne seront pas étudiées, alors que les agrocarburants produits dans les pays du Sud peuvent avoir un impact important sur les émissions de GES, notamment à cause de la déforestation, et que la France aura certainement recours à ces importations si elle maintient ses objectifs d’incorporation.
Quelles sont les prochaines étapes?
La première phase de l’étude de l'Ademe sur la méthodologie de calculs devrait être rendue très prochainement. Le seconde phase, qui portera sur les calculs à proprement parler, suivra. Ce n’est qu’alors que nous pourrons savoir réellement quel est l’intérêt du développement des agrocarburants dans la lutte contre le réchauffement climatique et pour l’indépendance énergétique de la France. Les conclusions ne doivent pas être anticipées! Espérons que ces données arriveront assez tôt pour que la loi de Grenelle en tienne compte et pour que la France, qui aura la présidence de l’Union européenne à partir de juillet, puisse prendre les mesures appropriées et en pleine connaissance de cause.
Pierre MELQUIOT
Une charte d’engagement et d’objectifs pour une publicité éco-esponsable, une publicité qui respecte l'environnement au niveau de ses argumentaires, a été signé entre d’une part, le
Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire, et le Secrétariat d’État à l’Industrie et à la Consommation et d’autre part, le Bureau de
vérification de la Publicité (BVP) et les Représentants de l’interprofession publicitaire.
Alors que les enjeux écologiques sont aujourd’hui largement partagés et diffusés au sein de la population. Les exigences sont de plus en plus fortes sur l’ensemble des thématiques du développement durable et notamment sur les questions liées au changement climatique, à la biodiversité et à l’impact de l’environnement sur notre santé.
Dans ce contexte, et pour éviter à l’avenir que certaines publicités ne recourent de façon
ambiguë, voire parfois abusive, à des arguments environnementaux ou ne fassent directement ou indirectement la promotion de comportements contraires au respect de l’environnement, le « Grenelle
de l’environnement » a conclu qu’une publicité responsable devrait renforcer sa vigilance sur les questions d’environnement.
Il a appelé à encadrer plus strictement la publicité au regard du développement durable et de l’environnement, afin de mettre fin à un usage abusif des arguments environnementaux ou aux publicités mettant en scène des comportements contraires à l’exigence de protection de l’environnement : signes officiels de qualité ; cahiers des charges des médias ; campagnes d’information ; existence d’une information économique sur la consommation durable ; responsabilité juridique des médias en cas de désinformation.
Le nom de l’organisme de régulation professionnelle de la publicité sera modifié en 2008. L’objectif sera de faire évoluer la logique actuelle d’autorégulation (BVP) vers une logique de corégulation de la publicité avec une instance plus partenariale et plus ouverte, pour mieux garantir des publicités respectueuses de l’environnement.
Les professionnels du secteur de la publicité (annonceurs, agences, médias) conscients de l’importance et de l’urgence de l’enjeu, ont déjà engagé une démarche volontariste de responsabilité. Ils se sont dotés de règles déontologiques en la matière dès le milieu des années 90, (Recommandation intitulée Arguments écologiques) puis les ont complétées en 2003 par une Recommandation élargie intitulée Développement durable.
Désireux de respecter les conclusions du «Grenelle de l’Environnement» et en lien avec la demande d’amélioration de leur dispositif par ailleurs exprimée dans le cadre du groupe de travail sur la régulation de la publicité du Conseil National de la Consommation, les professionnels du secteur de la publicité s’engagent par la présente charte à améliorer sensiblement le fonctionnement de leur dispositif de régulation de la publicité dans le sens d’une plus grande efficacité, d’une plus grande transparence et d’une ouverture renforcée, en : établissant un dialogue permanent avec les associations représentatives de la protection de l’environnement, les associations de défense des consommateurs et les associations mobilisées sur des règles sociétales ; renforçant la prise en compte du développement durable, en associant ces parties prenantes à l’élaboration des règles déontologiques des professionnels de la publicité ; rénovant et renforçant les modes de contrôle a priori et a posteriori de la publicité.
Cette évolution d’ensemble -qui trouvera son expression en 2008, dans le changement de dénomination de l’organisme professionnel en charge de la régulation de la publicité (BVP)- bénéficiera à l’ensemble des sujets de responsabilité de la publicité, mais se verra dans un premier temps tout particulièrement mise au service de l’environnement et du développement durable.
Accéder à la charte d’engagement et d’objectifs pour une publicité éco-esponsable, ici.
Les associations interpellent prioritairement les élus sur trois dossiers qu'elles jugent préoccupants et notamment l'action pour un service public accessible et universel. Les 22 ONG demandent aux maires de prendre les mesures opérationnelles nécessaires pour donner une résonance concrète au droit à l'eau dans leur commune ce qui inclut notamment un prix de l'eau abordable. En moyenne, en France, le m3 d'eau est facturé 3€ dont 1,45€ relatif à la potabilisation et 1,55€ pour l'assainissement. Mais en fonction de la proximité de la ressource, de sa qualité et de la densité de population à desservir, les tarifs peuvent varier d'une commune à l'autre. Les tarifs diffèrent également selon les modes d'organisation et de gestion. En 2004, le m3 était ainsi payé en moyenne 2,59 euros dans une organisation strictement communale offrant un traitement des eaux usées. Il coûtait 3,19 euros dans une organisation intercommunale qui développe généralement des technologies plus complexes. Les tarifs des régies sont quant à eux inférieurs à ceux du privé et l'écart atteignait en moyenne 75 centimes d'euro par m3 en 2004, en organisation communale ou intercommunale. Conscientes de ces disparités, les ONG encouragent par conséquent les maires à initier une réflexion sur la tarification et l'affectation de l'argent de l'eau. Elle rappelle également que la loi sur l'eau et les milieux aquatiques (Lema), votée en décembre 2006, a introduit une disposition permettant de proposer un tarif réduit pour rendre l'eau plus abordable pour les plus démunis alors que la tarification de l'eau en France était fondée historiquement sur le tarif unique pour tous les usagers d'une même commune.
Par ailleurs, les associations appellent les maires à réagir à la mise en péril des ressources. Convaincue que l'état des ressources soulèvera à terme des problèmes de santé publique et écologiques inextricables, la Coalition Eau demande par exemple aux maires de garantir et d'accélérer la protection des zones de captage exposées aux pollutions. Selon l'association France Nature Environnement, ce sont près de 100 captages d'eau potable dans des rivières ou des nappes souterraines qui sont abandonnés chaque année en France pour cause de pollutions. Même si elle reconnaît que ces problèmes de pollution ne dépendent pas exclusivement de la juridiction des maires, la Coalition Eau estime que ces derniers peuvent avoir une influence sur les acteurs économiques de leur territoire et ont un devoir de sensibilisation des usagers. Ne rien faire coûtera bien plus cher que d'engager des actions préventives : au nom de l'intérêt général, les maires doivent avoir le courage d'opérer des arbitrages, explique la Coalition Eau.
Les ONG appellent en outre les élus à déployer leurs actions de coopération solidaire pour l'eau potable et l'assainissement. La coopération décentralisée et le mécanisme de la loi Oudin de janvier 2005 permettent en effet aux élus de financer sur leur budget eau et assainissement, à hauteur de 1%, des actions de coopération décentralisée, d'aide d'urgence ou de solidarité pour l'eau et l'assainissement. Les estimations sur les actions engagées dans le cadre du dispositif (actions mobilisées jusqu'à fin 2006), font apparaître que près de 6,8 millions d'euros ont été mobilisés (3,2 millions par les collectivités et 3,6 par les agences de l'eau) soit 5,6 % des 120 millions d'euros potentiellement mobilisables. Encore trop peu utilisé, ce dispositif innovant est un des moyens permettant aux élus de partager leur expérience locale et de s'impliquer dans des partenariats efficaces Nord-Sud, estime la Coalition.
Pour encourager les maires à se saisir de ce début de mandat pour passer à l'action, les ONG de la Coalition Eau se disent prêtes à partager leur expérience et leur connaissance du terrain pour accompagner les collectivités et les soutenir dans leur démarche.
F.ROUSSEL
CAP21, parti fondateur du Mouvement Démocrate exprime sa profonde indignation face à la répression sanglante orchestrée par les autorités chinoises contre les manifestants Tibétains et proteste vivement contre les atteintes à la liberté de la presse empêchée de couvrir les évènements en cours. La censure d’internet et des chaînes d’informations internationales, le brouillage des radios nous renvoient aux pires heures de la dictature.
A l'heure où les protestations s'étendent à d'autres provinces de la Chine, CAP21 souhaite que la France, pays des Droits de l’Homme appelle à la mobilisation de la communauté internationale et de l'Union européenne pour mettre fin au "génocide culturel" dont sont victimes les populations tibétaines. Outre les appels stériles "à la retenue" formulés à l'endroit du gouvernement de Pékin, il est indispensable de diligenter des enquêtes indépendantes - sous l'égide des Nations-Unies pour faire la lumière sur les évènements en cours et prendre des résolutions adaptées.
Nul n'ignore les pratiques systématiques de tortures, de mauvais traitements, de détentions arbitraires, de répression des mouvements philosophiques et culturels ou encore de censure qui sont le quotidien des populations chinoises. Bien que signataire de nombreux traités et conventions en faveur du respect des Droits de l'Homme, la Chine continue de bafouer les principes élémentaires du droit international, dans l'indifférence totale du reste du monde.
Peut-on et doit-on continuer à parler des Droits de l’Homme entre la poire et le fromage, les intérêts économiques et financiers primant sur toute autre considération ?
Incontestablement, la France qui prendra la présidence de l’Union Européenne pour le second semestre de l’année doit porter haut et fort les valeurs de l’Olympisme que sont la tolérance, le respect et la solidarité entres les peuples et les individus en adressant un message ferme à la Chine.
Dans ces circonstances, Corinne LEPAGE, présidente de CAP21 soutient la proposition de Reporters sans Frontières en appelant à un boycott politique de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques à Pékin, par solidarité avec les victimes des répressions.
Concernant l’impact du chlordécone sur la santé, le plan d’action du gouvernement préconise un renforcement du registre de cancers en Martinique et la création d’un registre en Guadeloupe, le Directeur général de la santé Didier Houssin ayant «assuré avoir obtenu l’accord des pouvoirs publics et les moyens nécessaires dès 2008». Selon les auteurs du rapport, le conseil régional de Guadeloupe a missionné l’Association pour la recherche thérapeutique anti-cancéreuse (Artac), dont Dominique Belpomme est le président, au sujet de la présence de chlordécone à certaines concentrations dans l’environnement et du développement de cancers de la prostate dans certaines zones de Martinique.
« Il n'existe en France aucune étude d'impact sur les conséquences sanitaires de la présence d'une ligne haute ou très haute tension », explique Jean-Charles Herriau, l'un des pilotes de la coordination Stop THT. Elle regroupe une centaine d'associations de Mayenne, d'Ille-et-Vilaine et de la Manche, opposées au projet de ligne THT liée à la construction de la centrale nucléaire EPR à Flamandville (Manche, annoncée pour 2012. « Les seuls points abordés par EDF et RTE, gestionnaire du réseau français de transport d'électricité, concernent l'insertion paysagère et l'accompagnement financier du projet d'installation », ajoute-t-il. Le collectif a donc décidé de mener sa propre enquête « sur le vécu et le ressenti des populations habitant sous des lignes THT ou susceptibles d'y habiter demain ».
8000 dossiers, 300 enquêteurs, 160 communes
Associant élus et syndicats agricoles, cette enquête, entamée mi-janvier 2008 et touchant environ 10 000 riverains, frappe par son ampleur et son organisation. Elle s'appuie sur une armée de 300
bénévoles. Tous signataires d'une charte de l'enquêteur et encadrés par une équipe de 20 coordinateurs, suivis et formés par le Criirem, le Centre de Recherche et d'Information sur les
Rayonnements Electromagnétiques, responsable de l'ensemble du protocole d'enquête et du questionnaire administré. Anonyme, celui-ci porte sur l'habitation, le lieu de travail, les modes de vie...
Une fois rempli lors d'un entretien individuel, ce questionnaire est mis sous pli, cacheté sous les yeux de la personne interrogée, puis adressé aux scientifiques du Criirem. L'association a reçu
8 000 courriers, répartis en trois groupes.
L'enquête, telle qu'elle a été conçue, compare en effet trois zones distinctes. Des couloirs de 300 mètres de large, situés de part et d'autre de deux lignes THT, près de Rennes. Et un troisième fuseau, le long de l'arc Maine-Contentin, autour du tracé envisagé pour la future ligne THT liée à l'EPR. Cette population, non exposée, sert de groupe de contrôle aux observations faites dans ceux déjà exposés.
Risque accru de leucémies
Les conclusions définitives sont attendues fin juin 2008, mais l'analyse préliminaire de 350 dossiers dessine plusieurs tendances. « Des problèmes de santé focalisés sur des troubles du
sommeil, de la mémoire, de l’audition, mais aussi des maux de tête, de l’irritabilité et des états dépressifs sont plus fréquents chez les riverains exposés que chez les riverains non exposés et
disparaissent de façon significative lorsque les riverains quittent la zone affectée par la ligne THT, » résume Pierre Le Ruz, du conseil scientifique du Criirem. Des cancers du sein et
des leucémies sont aussi détectés en plus grand nombre.
Relevés dès la fin des années 1970, les effets cancérigènes des lignes électriques, THT incluses, ont suscité un net regain d'attention en 2005, à l'occasion de la parution en Grande-Bretagne du rapport Draper, une étude rétrospective portant sur 60 000 enfants dont la moitié atteints d'un cancer. « Si l'on examine les tumeurs du cerveau et d'autres diagnostics, on constate que le risque de leucémie infantile est 69 % plus élevé que la moyenne pour les enfants habitant à moins de 200 mètres d'une ligne THT, et 23 % plus élevé lorsque cette distance se trouve comprise entre 200 et 600 mètres, » a expliqué l'épidémiologiste Gerald Draper, de l'Université d'Oxford.
Corridors préventifs ?
Au Royaume-Uni, après une première proposition de loi demandant un moratoire immédiat sur la construction de maisons et d'écoles à proximité de lignes THT, le rapport SAGE a conclu en avril 2007
que « le lien entre la proximité de lignes électriques et la leucémie infantile est suffisant pour adopter une recommandation de précaution, y compris l'option, dans la mesure du
possible, d'enterrer toute nouvelle ligne électrique et d'empêcher la construction de nouveaux bâtiments résidentiels à moins de 60 m des lignes existantes. » Un avis que la Commission
d'enquête parlementaire a recommandé au gouvernement d'étendre jusqu'à 200 mètres des lignes les plus puissantes.
Victime collatérale de lignes THT : le marché de l'immobilier britannique, dont la décôte des habitations exposées approche les 25 %. Mais à ce jour, le gouvernement Gordon Brown n'a pourtant fixé aucune bande de sécurité minimum encadrant les lignes THT. La France compte quand à elle plus de 13 000 km de lignes THT, contre 3 000 en Grande-Bretagne. Depuis 2004, un décret fixe autour des lignes THT des servitudes allant de 10 à 40 m, appliquées à la discrétion du préfet. Insuffisant, revendique le collectif Stop-THT. « Nous souhaitons que les élus concernés s'engagent à protéger leur population, mais aussi faire évoluer les normes et obtenir des distances de protection par rapport aux personnes et aux exploitations. Trois députés sont déjà prêts à porter les résultats à l'Assemblée nationale, » affirme Jean-Charles Herriau. Affaire à suivre. Près de 200 000 personnes en France vivraient à moins de 100 mètres d’une ligne THT.
C'est une enquête rigoureuse et approfondie sur une multinationale productrice de l'agent orange, de la dioxine, de l'hormone de croissance, du Round Up et des OGM. Le résultat d'une enquête menée depuis quatre ans.
Nous vous invitons à faire circuler l'information dans tous vos réseaux, à soutenir ce film et le livre (plus complet) qui va paraître aux Editions de la Découverte le 6 mars.
Bien sûr, la réalisation du film et sa diffusion ne sont pas du goût de Monsanto, qui dispose de nombreux moyens de pression et n'hésite pas à se débarrasser de ses opposants, d'une manière ou d'une autre comme l'illustre le film : sa diffusion la plus large possible sera une première garantie pour la réalisatrice et l'avenir du film.
Le DVD va être disponible dès le 11 mars en exclusivité sur arteboutique.com et dans les magasins Nature et Découverte.
En attendant, ne ratez pas la diffusion sur ARTE le 11 mars à 21 heures, faites circuler l'information, réservez votre soirée, voyez le avec des amis, organisez une réunion autour d'une diffusion publique.
Au moment où est discutée la loi sur les OGM, c'est un outil précieux !
CHOLET (AFP) - Pour la première fois à l'échelle d'une collectivité locale en France métropolitaine, un système d'assainissement d'eaux usées associant roseaux et bambous vient d'entrer en fonction dans une commune rurale du Maine-et-Loire.
"En période estivale, nous avons une obligation de non-rejet dans l'Evre pendant trois mois, explique Philippe Coutant, directeur de l'environnement de la communauté d'agglomération de Cholet, dont fait partie Vezins. Nous cherchions donc un système écologique qui permette de stocker, sans polluer, les eaux traitées".
Filtrées par les roseaux puis décantées dans les bassins de lagunage, les eaux usées sont dirigées --partiellement l'hiver, en totalité l'été-- vers la bambouseraie. Laquelle, grâce à ses vertus naturelles, joue un rôle de dépolluant complémentaire déterminant.
"Dans les stations d'épuration classique, on active les boues pour créer l'oxygène nécessaire au développement des bactéries qui dégradent les polluants. Avec les bambous, c'est le système racinaire très dense qui permet de développer lui-même naturellement cet oxygène", explique Bernard Benayoun, le PDG de Phytorem, jeune entreprise provençale qui commercialise le concept.
Le bambou se nourrit aussi des éléments polluants (phosphates, nitrates) pour les transformer en biomasse. "Le gros avantage est de ne pas générer de boues, mais au contraire d'épurer les sols. En termes de rentabilité énergétique, c'est extrêmement positif", assure Bernard Benayoun.
D'un coût de 1,3 million d'euros, l'investissement, financé par les collectivités et l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne, équivaut à celui d'une station d'épuration classique à boues activées. "Mais le coût d'exploitation est divisé par trois pour des performances de traitement comparables", précise Philippe Coutant. L'absence de besoins chimiques et la faible consommation énergétique de l'équipement (pompes exceptées) expliquent notamment la réduction de ces coûts.
Affecté principalement jusqu'à présent à l'usage d'entreprises (effluents viticoles ou agroalimentaires) ou semi-collectifs (campings...), l'assainissement par bambous intéresse un nombre croissant de collectivités alors que la France doit se mettre en conformité avec la directive européenne sur les eaux usées. Outre Vezins, une station vient ainsi d'être inaugurée à Saint-Leu (île de la Réunion), où elle participe à la protection des eaux d'un lagon. Et Phytorem travaille sur un autre projet à Sillé-le-Guillaume (Sarthe).
Le steak haché est une valeur sûre pour les assiettes des petits et le porte-monnaie des grands. C’est en effet la viande qui réalise les plus gros volumes de vente en France. A tel point que la filière bovine, malmenée par les crises sanitaires, est sortie de la zone rouge uniquement grâce à lui. Presque 70 % des ménages consomment du haché. Cette viande reste l’un des seuls produits élaborés à base de boeuf dont la consommation continue de croître : 4 kg par foyer français en 2007 contre 3,8 kg en 2005 [1].
Côté industriels, on défend fermement sa part du bifteck. Et ce sont les marques de distributeurs qui se taillent la plus belle tranche – 60 % des parts de marchés en volume – suivis par Charal, Bigard et Valtero [2]. Seulement voilà, du pré à l’assiette, la viande bovine traîne quelques nuages de gaz à effet de serre derrière elle. Avant de gagner sa place en rayons et d’être décire voré tout cuit, le steak haché est boeuf. Pour passer de l’un à l’autre, rendez-vous à l’abattoir. Celui de Cholet (Maine-et-Loire) par exemple, le plus important des neuf sites de Charal, avec son millier de salariés – un tiers des effectifs du groupe. Ici entrent chaque semaine et bien vivants environ 2 000 bovins, dont on tire notammnent 170 tonnes de steaks hachés. Chaque année, cela représente 8 800 tonnes de viande emballée, soit plus d’une tour Eiffel.
« Contrôlite » aiguë
Entre le début et la fin de la chaîne, le bovin est anesthésié puis saigné. Ses muscles sont préparés, hachés puis moulés, l’ensemble selon un « savoirfaire traditionnel ». Charal reste assez flou sur les détails du processus, « secret de fabrication » oblige, mais insiste sur la multiplicité des contrôles qualité. Suite aux différentes crises sanitaires (encéphalite spongiforme bovine, salmonelles…), les transformateurs ont attrapé la « contrôlite » aiguë. Dans la foulée, les abattoirs ont également procédé à leur examen environnemental : tri des déchets, réduction du poids des emballages, groupement des transports et surtout gestion de l’eau. « Charal réalise un suivi permanent de sa consommation d’eau, dispose de stations de pré-traitement des eaux usées industrielles et réalise un traitement sophistiqué des odeurs liées au traitement de ces eaux », détaille le service communication du groupe.
Un milliard de têtes à nourrir
Bien que transformation, emballage et transport dégagent du dioxyde de carbone (CO2), le gaz à problème du steak haché serait plutôt le méthane (CH4). Les ruminants en rejettent une grande quantité par flatulence. Et une molécule de méthane provoque un effet de serre 23 fois plus important qu’une molécule de CO2, selon les experts du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Ce n’est pas tout. Le fumier, lui, dégage du gaz hilarant, le NO2. Mais pas de quoi rire, son impact est 296 fois supérieur à celui du gaz carbonique. Selon un rapport de la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, paru en 2006, l’élevage dans son ensemble émet, en équivalents CO2, « 18 % des gaz à effet de serre de la planète ». Davantage que les transports !
Les bovins en particulier polluent plus que les poules ou que les porcs. Et pas seulement par une voie que la bienséance interdit de nommer. Car la vache mange aussi. Il faut donc produire de quoi nourrir le milliard de têtes de bétail qui peuple la planète. Un rôle essentiellement tenu par l’agriculture industrielle, celle des rendements, des engrais chimiques – énergivores et émetteurs de gaz à effet de serre – et des pesticides. La solution ? Manger de la viande estampillée bio ? Pas si simple. Une vache, qu’elle soit élévée selon les méthodes de l’agriculture biologique ou selon celles de l’agriculture conventionnelle, émet la même quantité de méthane, et le fumier dégage autant de NO2. Or l’impact sur le climat dépend en grande partie de ces facteurs « biologiques ». Il ne reste qu’une issue : manger moins de steaks. Selon les scientifiques Tony McMichael et John Powles, il faudrait réduire d’au moins 10 % notre consommation de viande rouge pour diminuer de façon significative la contribution de l’élevage au changement climatique. —

