CAP21-BOURGOGNE
Citoyenneté Action Participation pour le 21e siècle   

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CAP21

 

 

 

 

 Michelle TOURNIER

Déléguée régionale Bourgogne

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Bienvenue sur le site de CAP21 BOURGOGNE

 

CAP21 est un mouvement politique, écologiste, humaniste et citoyen, issu de la société civile, qui s'inscrit résolument dans le respect des principes républicains et démocratiques.

Nous défendons des valeurs fondamentales auxquelles nous vouons notre action :

  • La protection durable de la vie humaine et de la biodiversité doit être la priorité.
  • Les notions d'éthique et de responsabilité doivent être placées au coeur de l'économie de marché qui n'est qu'un outil au service du développement durable.
  • Le principe de précaution devient un principe d'action politique.
  • La solidarité doit être affirmée face à l'exclusion.
  • La mondialisation doit être régulée au bénéfice de l'Homme et de la Planète.
  • Le sens de la démocratie doit être retrouvé......

 

La défense de ces valeurs n'est  ni de droite, ni de gauche, le développement durable est tout simplement le droit à la vie, c'est dans ce droit et le respect de l'autre que nous nous inscrivons. Aussi, toutes les femmes et les hommes de bonne volonté voulant un avenir pour les générations futures sont invités à nous rejoindre.

 

En Bourgogne, plusieurs commissions fonctionnent comme l'indique ce blog.

Nous souhaitons que cet outil mis à votre disposition facilite, entre nous, une communication simple et efficace ; nous vous donnons la parole. Réagissez aux différents articles.

Pour plus d'informations et pour nous rejoindre dans ces actions, n'hésitez pas à nous contacter par mail à l'adresse suivante :

cap21bourgogne@free.fr

 

 

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  PRESENTATION   STATUTS   CHARTE DES VALEURS   ORGANISATION                                                                                                         

Lundi 21 janvier 2008
Pouilly-en-auxois

Samedi soir, après la projection du film Un jour sur terre proposée par le centre social de Pouilly à la salle des fêtes, les spectateurs ont pu assister à un débat sur l'avenir de la planète, animé par Ludovic Lauret, membre de l'association dijonnaise A recycler, qui mène des missions de solidarité, d'insertion et de respect de l'environnement (site internet : www.arecycler.org). L'orateur a notamment parlé des solutions écologiques que chacun peut adopter chez soi .
BP du 16 janvier

Is-sur-Tille

conférence avec l'UDMJC
Réflexion sur l'écologie et le développement durable
Le Bien Public 20 01 2008
Lundi 21 janvier 2008
Un reportage de Véronique Blanc et Annie Tribouart.

Des tomates à l’Acephate, des poires à l’Isofenphos, de la salade à l’Endosulfan… des noms étranges pour accompagner nos aliments… des pesticides en fait interdits en France à cause de leur dangerosité. Et, pourtant, régulièrement, on en retrouve dans nos fruits et légumes. Pourquoi ces produits hautement toxiques retirés du marché s’invitent-ils dans nos assiettes ? Quelles sont les filières qui permettent de s’approvisionner en produits interdits ? Quelles conséquences sur la santé des consommateurs ?

http://envoye-special.france2.fr/emissions/38381612-fr.php

 

Bon appétit

Dimanche 20 janvier 2008

André Pochon est né le 1er septembre 1931. Pionnier d’une agriculture durable et écologique, il a reçu la Légion d’honneur en 2001. Il est l’auteur de plusieurs livres à succès sur les techniques agricoles. Son dernier ouvrage, intitulé « Les sillons de la colère », est sorti en 2002


C’est dans les années 70, quand l’Inra a prescrit une nouvelle méthode d’élevage, que tout s’est dégradé. Désormais, c’est vache ou cochon, pas les deux. Les porcs deviennent des « objets » agroalimentaires, entassés dans des lieux hermétiques où ils vivent sur leurs déjections. Les voilà traités aux antibiotiques. Alors soudain, en 1980, j’ai ouvert les yeux.

Ce spectacle a été le déclic : devant moi, quelques traces de ma prairie ancienne, une touffe verte par-ci par-là et encore... Mon pré d’habitude si riche, si frais, n’est plus. Ça me fait mal au cœur. J’ai encore le souvenir de ce paysage paradisiaque, symbole d’une agriculture en pleine forme. Et là, face à moi, se profilent mes champs de maïs et de soja, assoiffés d’engrais pollueurs et de pesticides en tout genre ! Alors, soudain, ce jour de 1980, j’ai ouvert les yeux et j’ai décidé de sauver ma terre.
Dix ans auparavant, j’avais craqué lorsque ma mère, débarquant dans ma ferme, m’avait dit : « Dédé Pochon, pourquoi tu ne suis pas le progrès comme tout le monde ? Plante du maïs ! » Tu parles, quel progrès ! Ces nouvelles cultures furent à l’origine de la pollution des nappes phréatiques de la Bretagne. Les chercheurs avaient tout faux et ma mère aussi. Alors, marche arrière toute ! Terminé le temps où je suivais les « moutons » de l’agriculture française. Tournant le dos aux méthodes antinature, je reviens à la source. Avant même que le concept soit évoqué, je deviens le précurseur de l’agriculture durable. Malheureusement, ce ne fut pas le cas de tous les paysans français.
Car tout a basculé dans les années 70, lorsque l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) change de méthode d’élevage. D’une technique danoise, voilà que la France se met à l’heure hollandaise. Oubliée l’image des cochons se nourrissant aux pis des vaches. Les porcs deviennent des objets dits « agroalimentaires ». Ils ne sont plus nourris au bon lait mais au maïs, comme dans les campagnes hollandaises. L’Inra préconise aussi la monoculture, en d’autres termes la spécialisation des productions. Au choix : soit on élève des cochons, soit des vaches mais plus les deux en même temps. D’une méthode traditionnelle, les agriculteurs de France passent aux techniques industrielles. Entassées dans des porcheries hermétiques aux rayons solaires, les pauvres bêtes vivent sur leurs propres déjections. Au bout de sept ou huit ans de travail dans des conditions pareilles, même les éleveurs souffrent de lésions pulmonaires dues à l’ammoniac dégagé par l’urine, qu’ils respirent en permanence. Quant aux animaux, attaqués par des maladies diverses, les voilà traités quotidiennement aux antibiotiques. Bon appétit, consommateurs ! Et ce n’est pas fini : il s’ensuit une politique d’engrais azotés que les scientifiques de l’Inra conseillent aux paysans français. Du coup, à cette époque, les rares prairies sont fertilisées à outrance. Tous les dix-huit jours, le bétail est ramené sur les mêmes parcelles et, à chaque fois, c’est le même rituel : 50 kilos d’azote par hectare. Un vrai désastre pour la nature ! Pourtant, j’avoue avoir été séduit, comme beaucoup, par cette nouvelle agriculture de masse. Ma seule faute : avoir laissé tomber la production porcine pour me consacrer à la production laitière. En 1971, les trois quarts de mon champ étaient recouverts par de l’herbe. Quatre ans plus tard, sur les 25 hectares de ma ferme, 16 sont envahis de maïs et de soja. Adieu, ma prairie ! Bonjour les ennuis ! Pollution, production en chute, bref, rien ne va plus. Alors, j’ai voulu réparer mon erreur. Mon produit miracle ? Le trèfle blanc. Cette plante a des propriétés écologiques aujourd’hui reconnues. Elle est plus appétissante pour les bêtes et elle capte directement l’azote dans l’air. Inutile alors d’ajouter des engrais. Ni une, ni deux, au placard les conseils de l’Inra. Je me suis mis à 100 % au trèfle. Avec mes camarades du Centre d’études techniques agricoles (Ceta), que j’ai créé en 1954, on a réfléchi et on a même peaufiné la méthode. Résultat : des prairies plus belles que jamais. On n’avait jamais vu ça par chez nous. Au début, seuls les gens de Saint-Mayeux étaient curieux et passaient chez moi. Aujourd’hui, les paysans accourent de toute la France pour voir mon exploitation 100 % écolo. Chercheurs, politiques, citoyens, tout le monde vient visiter ma ferme, ce modèle d’agriculture responsable. Jusqu’à trois autocars en même temps ! Grâce à cette technique, je suis devenu le premier producteur de lait de mon village et le pionnier dans le secteur du trèfle blanc. Du coup, mon exploitation est restée propre. Pari réussi ! Même l’Inra a approuvé notre méthode.
D’autant que, du point de vue économique, tout le monde y gagne. Car pour faire des bénéfices, mieux vaut revenir à une alimentation à base d’herbe pâturée et de bon foin. Le système maïs-soja est une gabegie économique et écologique. La preuve, il en coûte cinq fois plus de nourrir une vache avec ce système qu’avec mon pré. Heureusement, aujourd’hui, grâce à mes actions auprès de l’Inra et des autres agriculteurs, il y a désormais des prairies à base de trèfle blanc sur tout le territoire. Reste un regret : les écoles d’agriculture n’enseignent pas ce procédé. J’ai créé mon petit paradis en sauvegardant l’environnement, mais il faut juste croiser les doigts pour que mes six petits-enfants aient, eux aussi, la main verte.

André Pochon est né le 1er septembre 1931. Pionnier d’une agriculture durable et écologique, il a reçu la Légion d’honneur en 2001. Il est l’auteur de plusieurs livres à succès sur les techniques agricoles. Son dernier ouvrage, intitulé « Les sillons de la colère », est sorti en 2002

Dimanche 20 janvier 2008
Source
 Eaux et Rivières de Bretagne

Il n'a pas peur du ridicule, notre ministre de l'écologie : il préfère voler au secours des préfets laxistes, que de défendre la qualité des eaux et l'application de la loi !
Le tribunal administratif de Rennes, par jugement du 27 septembre 2007, a condamné les préfets des Côtes d'Armor et du Finistère, qu'il estime responsables des marées vertes. Cette décision a été rendue à la demande de quatre associations : Eau & Rivières de Bretagne, De la source à la Mer, Sauvegarde du Trégor, et Halte aux marées vertes. (voir le jugement pdf 1,2 Mo)
Pour condamner les préfets, les magistrats ont détaillé les multiples carences et comportements fautifs de ces hauts fonctionnaires dans la prévention des excédents de nitrates qui arrivent dans les baies et provoquent leur envahissement par les ulves : régularisations massives d'élevages illégaux, dysfonctionnements des conseils départementaux d'hygiène, retards dans l'application des directives européennes, validation d'études d'impact insuffisantes ...
On s'attendait à ce que le Ministre en charge de la protection des eaux douces et du littoral, s'appuie sur cette condamnation pour demander aux préfets de Bretagne d'appliquer normalement la loi. Enfin !
Et c'est l'inverse qui se produit : le ministre vient de décider de faire appel de cette condamnation. Le dossier sera donc réexaminé d'ici quelques mois par la Cour Administrative d'Appel de Nantes.
Monsieur BORLOO et ses services n'ont pas peur du ridicule, car à l'évidence, le laxisme des préfets ayant déjà été à maintes reprises analysé, démontré, confirmé par de nombreux rapports officiels et jugements, on ne voit pas pourquoi les magistrats de la cour administrtaive d'appel auraient une appréciation différente sur l'action de l'Etat.
D'ailleurs, dans un précédent recours concernant la qualité des eaux du Blavet, (voir l'info de la semaine 20 de 2006), le ministère de l'écologie s'est déjà pris les pieds dans le tapis en voulant défendre un préfet dont la décision était injustifiée au plan de la protection de l'eau.
Eau & Rivières attends donc avec sérénité l'issue de cet appel et fera évidemment tout pour qu'une seconde leçon soit donnée au ministre qui préfère défendre les préfets que l'eau des bretons. 

Jeudi 17 janvier 2008

Le journal de l'environnement 17-01-2008

Un objectif de 23% d'énergie renouvelable d'ici 2020 devrait être attribué à la France par la Commission, dans le cadre du paquet législatif Climat et énergie présenté le 23 janvier prochain. Ce paquet contiendra 3 textes, dont l'un sur le partage des objectifs à atteindre en matière d'énergie renouvelable (1). La France plaide pour une réduction de ces objectifs ainsi que pour une prise en compte du nucléaire dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Du coup, un des engagements du Grenelle vient discrètement d'être abandonné. Dans une lettre adressée mardi 15 janvier au président de la Commission José-Manuel Barroso, Nicolas Sarkozy estime que «compte tenu de la faible contribution française aux émissions de gaz à effet de serre, nous ne pourrions accepter un objectif national opposable supérieur à 20%».

Or, le 25 octobre dernier, dans son discours de clôture du Grenelle, le chef de l'Etat souhaitait pourtant «faire de la France le leader des énergies renouvelables, au-delà même, José-Manuel , de l'objectif européen de 20% de notre consommation d'énergie en 2020.»

Actuellement, tous les Etats membres négocient avec la Commission pour réduire les objectifs et contraintes du futur paquet Climat et énergie. Une attitude déplorée par José-Manuel Barroso. «C'est le moment d'être sérieux, cohérents et responsables face à nos engagements»; a-t-il déclaré mercredi 16 janvier, devant le Parlement européen. «Nous savions depuis le tout début que transformer l'Europe en une économie à faible émission de carbone ne serait pas une tâche aisée.»

(1) Voir l'article du JDLE «Energie renouvelable: des objectifs nationaux fonctions du PIB»

Jeudi 17 janvier 2008
Liberation 18/01/2007

Avocate, ancienne ministre de l'Environnement, Corinne Lepage représentait les collectivités locales au procès de l'Erika. Elle commente le jugement rendu hier par le tribunal correctionnel de Paris qui a condamné Total pour « imprudence ayant entraîné une pollution maritime» et reconnu le préjudice écologique entraîné par le naufrage du pétrolier, en 1999 dans le golfe de Gascogne.
Ce procès est-il vraiment «une première historique»?

Oui, pour plusieurs raisons. D'abord, c'est la première fois que se tient en France un procès pour une catastrophe écologique de cette ampleur. Ensuite parce que Total a été condamné. Au-delà du propriétaire et du gestionnaire du bateau, le juge a aussi condamné l'affréteur et c'est très important : jusqu'à maintenant les affréteurs se dégageaient  de toute responsabilité dans les naufrages. Cest la première fois en France qu'est reconnue la responsabilité d'une compagnie pétrolière dans une affaire de pollution maritime majeure.

Ensuite, parce que pour la première fois dans un procès de cette ampleur, est établi la notion de préjudice écologique « résultant de l'atteinte portée à l'environnement»,  ce qui donne droit à réparation d'un côté aux associations de protection de la nature, de l'autre aux collectivités locales.

La Ligue de protection des oiseaux (LPO), qui s'était mobilisée pour le nettoyage des plages et le sauvetage des oiseaux, va ainsi recevoir 800 000 euros dont 300000 au titre de l'atteinte aux oiseaux.
Comment fixe-t-on un prix pour le «vivant»?

C'est toute la difficulté de l'exercice. En l'occurence, la LPO a tenté d'évaluer le coût du repeuplement de ces espèces sauvages. Elle avait demandé 70 euros par oiseau mazouté. (1)

Comment ont réagi les communes que vous défendiez?

J'ai eu, par exemple, au téléphone le maire de la Baule et de Batz, ils étaient vraiment contents. Les collectivités locales se battaient bien sûr pour des sous mais aussi et surtout pour un jugement exemplaire, parce qu'elles en ont assez des marées noires.

Que va changer pour l'avenir le jugement rendu hier?

Ce qui est très important, c'est que  désormais la pollution maritime a un coût dissuasif. Ceux qui ont le pouvoir économique, c'est à dire les grandes firmes pétrolières, savent que si elles recourent à des bateaux poubelles, elles encourent des risques financiers importants.

Ce jugement laisse-t-il augurer d'un changement de législation?

Je travaille depuis 1999 sur ce dossier et je réfléchis depuis le début à la possibilité de considérer que le pétrole issu des cuves du pétrolier ou bien les boulettes échouées sur les plages soient considérés en droit comme des déchets.

 La Cour de Cassation a considéré que c'était une question assez importante pour qu'elle soit débattue devant la Cour de justice des Communautés européennes. Je plaiderai donc mardi prochain devant cette Cour de justice sur cette question. Si on reconnaît à ce pétrole le statut de déchets, alors celui qui l'a produit et celui qui a rendu possible la transformation de ce pétrole en déchets sont aussi responsables et doivent aussi payer les dommages.

Quel serait l'intérêt de cette évolution?

Il faut que la punition serve d'outil de prévention. Pour cela, chacun des intervenants dans la chaîne du transport du pétrole doit avoir un intérêt économique à ce qu'il n'y ait pas d'accident.
 (1) Le naufrage a provoqué la mort de plus de 150 000 oiseaux.
Mercredi 16 janvier 2008

08.01.2008

Dans son discours de conclusion du Grenelle de l'environnement en octobre, le président de la République Nicolas Sarkozy avait affirmé : « Je veux rouvrir le débat de la responsabilité. Celui qui pollue des rivières pendant des années, celui qui conçoit et vend un produit chimique, celui qui crée une nouvelle cellule (...), celui-ci doit être comptable de ses actes même des années plus tard si un drame survient. » C'est dans ce cadre que l'avocate et ex-ministre de l'Environnement Corinne Lepage vient de remettre au ministère de l'Ecologie un rapport d'étape sur la responsabilité environnementale.
Corinne Lepage propose de créer dans le Code pénal un délit spécifique de « délinquance écologique ». Il concernerait le rejet, le déversement, l'émission ou l'introduction en connaissance du risque d'une série d'éléments polluants, mais aussi l'inobservation des normes autorisées ou des conditions d'autorisation. Dans le Code civil serait également instauré un principe selon lequel « tout fait quelconque de l'homme qui cause à l'environnement un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ».
Ces principes posés, la mission dirigée par Corinne Lepage propose de mettre en cause des sociétés mères quand leurs filiales ont commis des dégâts écologiques. On se souvient de l'incapacité de Roselyne Bachelot, alors ministre de l'Environnement, de poursuivre Metaleurop après l'abandon en 2003 par sa filiale Metaleurop Nord du site industriel le plus pollué de France. Les établissements de crédit qui financeraient une activité menée manifestement en violation des exigences du Code de santé publique et du Code de l'environnement engageraient également leur responsabilité solidairement. Les personnes morales commettant une faute intentionnelle entraînant un dommage à l'environnement pourraient également être condamnées à verser des dommages et intérêts punitifs distincts de ceux éventuellement accordés à la victime. Ils seraient versés soit à une association, soit au Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages.
Elargir l'accès à l'information

Au-delà des questions de responsabilité juridique, le rapport s'applique à élargir l'accès à l'information sur les questions de défense de l'environnement. Concernant par exemple les OGM, les querelles sont incessantes sur l'accès des associations aux études réalisées par les fabricants de semences. Le rapport préconise une obligation de mise à disposition en ligne gratuite de toutes les informations et données brutes dont dispose l'administration, de limiter le secret industriel aux secrets de fabrication.
Il demande enfin que l'on reconnaisse une clause de conscience autorisant les salariés et fonctionnaires à s'abstenir de participer à des travaux pouvant créer des risques importants et que l'on organise une meilleure protection des lanceurs d'alerte.
 
 

JULIE CHAUVEAU
 
Les Echos

Mercredi 16 janvier 2008
Par Par Anne CHAON AFP -

PARIS (AFP) - En établissant la notion de préjudice écologique dans l'affaire de l'Erika, la justice française donne pour la première fois un prix à la nature, ouvrant une perspective novatrice en droit de l'environnement, se félicitent ses défenseurs.

En reconnaissant le préjudice écologique au même titre que les dommages causés à l'économie ou à l'image, le juge a rendu "la facture lourde et dissuasive, autour de 200 M euros pour Total", fait valoir l'avocate Corinne Lepage, qui représentait les collectivités locales au procès.

Cette jurisprudence signifie que désormais, si on cause une atteinte à l'environnement: "Il faudra payer. Ce qui va donner lieu à la mise en place de toute une comptabilité, un travail que devront mener scientifiques, économistes et juristes", ajoute l'avocate.

Pour la première fois, "un tribunal a octroyé une indemnisation pour la mort d'oiseaux: une véritable nouveauté juridique", note Françoise Labrousse, avocate spécialisée dans le droit de l'environnement au sein du cabinet américain Jones Day.

"Jusqu'à présent, explique-t-elle, deux obstacles faisaient reculer les juges. Déterminer qui est habilité à réclamer à une indemnisation: ici le juge a désigné les associations. Et à qui l'affecter, qui puisse justifier d'une compétence spéciale et garantir que les sommes seront dédiées à la réparation? là encore, le juge a fait confiance aux ONG".

La Ligue pour la protection des oiseaux, qui réclamait 70 euros par oiseau mazouté, a ainsi obtenu près de 800.000 euros de dédommagements au titre du préjudice écologique.

France Nature Environnement, Greenpeace et WWF auront chacune 33.000 euros. En revanche, les collectivités locales sont indemnisées aux seuls titres de leurs pertes économiques et atteintes à l'image, sauf le département du Morbihan, gestionnaire d'espaces naturels, explique Mme Lepage.

Pour Arnaud Gossement, porte-parole de la FNE et juriste, "c'est la reconnaissance du rôle d'opérateur des associations écologistes agréées, gestionnaires de l'environnement".

Mais surtout, insiste-t-il, avec ce jugement "c'est le débat sur le prix du vivant qui s'ouvre enfin: il va falloir donner une valeur à la notion de service écologique rendu".

"Cette reconnaissance du préjudice écologique va obliger le législateur à se saisir de la question, c'est ainsi que le droit de l'environnement a toujours avancé dans l'histoire: il a fait des bonds quand il s'est trouvé des juges pour forcer les textes", ajoute-t-il.

Dans le même mouvement, l'avocat Alexandre Faro, défenseur des associations au procès Erika, réclame un "prix élevé: car si on donne une valeur marchande à l'atteinte à l'environnement et qu'on lui donne un prix très bas, le risque est tout simplement qu'on puisse se le payer".

La directive européenne 2004/35 sur la responsabilité environnementale constitue une première tentative d'indemnisation du préjudice causé à l'environnement. Sa transposition en France - peut-être à l'occasion du premier "paquet" de loi découlant du Grenelle de l'environnement - permettrait de "généraliser un principe qui, jusqu'à présent, ne concerne que des atteintes à des sites classés, faisant l'objet d'une réglementation spécifique comme des sites industriels", souligne Françoise Labrousse.

Toutes les composantes de l'environnement pourraient ainsi faire l'objet d'indemnisation en vertu de cette directive... sauf les dommages maritimes, précise-t-elle, qui sont couverts par les conventions internationales.

Mercredi 16 janvier 2008

PARIS, 16 jan 2008 (AFP) - La justice française a condamné mercredi le groupe pétrolier Total à verser avec trois co-accusés 192 millions d'euros pour le naufrage de l'Erika qui avait provoqué en 1999 une gigantesque marée noire, à l'issue du premier grand procès en France d'une catastrophe écologique.

Le groupe français, propriétaire de la cargaison, a été condamné à verser cette somme aux victimes de la marée noire, solidairement avec le propriétaire de l'Erika, le gestionnaire du navire et la société de classification Rina, tous Italiens.

Le jugement reconnaît, pour la première fois en France, l'existence d'un préjudice écologique "résultant de l'atteinte portée à l'environnement", donnant notamment droit à réparation aux associations de défense de l'environnement.

Ces dernières se sont aussitôt félicitées de ce jugement, qualifié "d'historique" en estimant qu'il "devra faire jurisprudence".

Le tribunal correctionnel de Paris a estimé que Total n'était pas l'affréteur, --intouchable selon les conventions internationales-- mais qu'il avait commis une "faute d'imprudence" qui a "provoqué l'accident" du pétrolier le 12 décembre 1999 au large du golfe de Gascogne (ouest).

A la suite de ce naufrage, 20.000 tonnes de fioul lourd, ultra-polluant, s'étaient déversés sur 400 km de côtes françaises, provoquant notamment la mort de plus de 150.000 oiseaux.

Le tribunal reproche au groupe pétrolier de n'avoir pas tenu compte de "l'âge du navire", près de 25 ans, et de "la discontinuité de sa gestion technique et de son entretien".

L'avocat de Total, Me Daniel Soulez-Larivière, a affirmé qu'il allait conseiller à la compagnie pétrolière de faire appel.

Total, comme les autres condamnés, a écopé de l'amende maximale. Ces amendes sont de 375.000 euros pour les personnes morales Total et la société de classification Rina, qui a délivré au navire ses certificats de navigabilité, et de 75.000 euros pour les personnes physiques que sont l'armateur Giuseppe Savarese et le gestionnaire Antonio Pollara.

Ces deux derniers ont été reconnus coupables d'une "faute caractérisée", le tribunal estimant qu'ils ne pouvaient pas ignorer que les travaux de réparation du pétrolier avaient été conduits de manière à "réduire les coûts".

En revanche, les quatre membres des secours, à qui il était reproché de ne pas avoir tout mis en oeuvre pour éviter le naufrage, ont été relaxés du délit d'abstention volontaire de combattre un sinistre.

Le capitaine indien Karun Mathur a lui aussi été relaxé.

Le jugement, en consacrant le principe d'un préjudice écologique pour "atteinte à l'environnement", ouvre la possibilité aux associations ou organisations écologistes de se constituer parties civiles si elles estiment qu'une atteinte à l'environnement a été commise.

Des associations comme Greenpeace ou la Ligue de protection des oiseaux (LPO) figuraient parmi les 101 parties civiles, au même titre que de nombreuses collectivités locales.

"C'est une première en France, la situation est historique, je suis très, très heureux", a déclaré Allain Bougrain-Dubourg, président de la LPO, qui doit toucher quelque 800.000 euros.

Parmi les parties civiles, c'est l'Etat français qui se taille la part du lion, puisqu'il recevra près de 154 millions d'euros.

Stations balnéaires désertées, coquillages interdits à la consommation, pêche suspendue, baignades et plages interdites: l'économie locale avait mis plusieurs années à se relever de cette catastrophe.

Samedi 12 janvier 2008
Le 13 janvier prochain, deux Dijonnais effectueront le parcours Paris-Calcutta en quadricycle. Ils s'arrêteront dans la capitale des ducs de Bourgogne à la fin du mois.
V oisins et amis d'enfance, Benoit Albanel et Romain Benoit se sont rencontrés dans le quartier Montchapet de Dijon à l'âge de 11 ans.
Quatorze ans plus tard, alors que le premier travaille à Paris dans l'immobilier et que le second travaille à Marseille en tant qu'expert-naval, ils s'apprêtent à réaliser un de leurs rêves d'enfant.
Le 13 janvier prochain, ces lauréats du Défi Jeunes, présents au dernier festival des Ecrans de l'Aventure, partiront de Paris (Champ-de-Mars) en direction de Calcutta pour un parcours de 14 000 kilomètres en quadricycle.
Leur but ? « Vivre une aventure et faire passer un message en promouvant les déplacements économiques et écologiques, annonce Romain. Nous voulons sensibiliser les jeunes sur la façon de se déplacer, mais aussi les faire rêver et leur donner envie de découvrir le monde. » Le quadricycle, engin original et respectueux de l'environnement, attise la curiosité et permet aux deux amis d'entrer facilement en contact avec les gens. « L'écologie est un domaine vaste, note Benoît.
Nous voulions réaliser un projet à notre échelle. En partenariat avec goodplanet.org, l'association de Yann Arthus Bertrand, nous allons relayer son exposition dans les écoles françaises que nous visiterons à l'étranger. Notre démarche n'est pas politique ; nous voulons juste sensibiliser à la nature. »
17 pays traversés
En un an, les deux jeunes dijonnais traverseront la France (ils passeront - évidemment - par Dijon fin janvier) et 17 autres pays (dont l'Italie, la Croatie, la Grèce, la Turquie, l'Iran, le Turkmenistan, le Népal, etc.) avant d'arriver en Inde. Ils pourront apprécier et découvrir des pays industrialisés et des pays émergents. Ils rouleront environ 50 km par jour et auront l'occasion de découvrir de multiples cultures différentes. Toutes les rencontres qu'ils feront, ils comptent bien les partager au travers de leur site internet, mais aussi d'images, d'interviews et de reportages vidéos. Ils ont par exemple un partenariat avec Gedeon programmes qui leur prêtera le matériel vidéo afin qu'ils réalisent des films qui devraient ensuite être diffusés sur des chaînes de voyage. En outre, l'aventure sera suivie par plusieurs classes en France.
30 000 € de budget
Cela fait plus d'un an qu'ils préparent leur projet, notamment pour les questions de logistique, de communication ou encore de topographie. « Notre budget est de 30 000 €, précise Romain. A l'heure actuelle, il nous manque encore 4 000 €. Nous espérons le soutien de la ville de Dijon. Lors du dernier festival des Ecrans de l'Aventure, l'adjoint à la culture nous avait promis une aide qui serait la bienvenue. » Quelques jours avant de partir Benoît et Romain se mettent en condition physique en faisant régulièrement du vélo et de la course à pieds. Romain conclut : « En réalisant un film pour les Écrans de l'Aventure, la boucle sera bouclée, car c'est ce festival qui a été le déclencheur. »
Vincent LINDENEHER
Contacts : Association En Piste, 20, rue Muller à Paris ; tél. 06.24.38.29.61. ; mail : asso.enpiste@gmail.com ; site internet : www.raidpariscalcutta.org
Benoît et Romain tiennent à remercier leurs partenaires et sponsors : notamment le ministère de la Jeunesse et des Sports, Cosy Home, goodplanet.org, Velectris, Intersport Caribou et tout particulièrement Mathieu Gabiot pour son travail graphique.

Un véhicule extraordinaire
Le quadricycle tout terrain (65 kg sans charge) sur lequel Benoît et Romain effectueront leur voyage se veut écologique, performant, léger et robuste. La conception et la production ont été réalisées par des étudiants de l'IUT mécanique de Nantes, en étroite collaboration avec le lycée A.-Briand de Saint-Nazaire. Des essais sur le véhicule ont été effectués avec succès en juillet dernier. Concrètement, deux pédaliers entraînent une chaîne qui permet la propulsion du cycle. Le pilote qui ne conduit pas contrôlera une voile de traction qui sera déployée sur des terrains dégagés. Une batterie rechargeable par panneaux solaires permettra d'alimenter une assistance électrique
 
 

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