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Les 16, 17 et 18 mai prochains à Cluny, les chasseurs seront plus à la fête que les blaireaux. L'Association des équipages de vénerie sous terre de Saône-et-Loire profite en effet de la Fête de la Chasse pour organiser avec la Société Centrale Canine une épreuve de sélection du championnat de France de déterrage de blaireaux. L'objectif est de détecter les meilleurs chiens de chasse dans cette activité : le maître lance donc ses chiens à l'entrée d'un terrier, charge aux animaux de repérer le blaireau, de l'acculer et de signaler leur trouvaille à leur maître. Lequel creuse ensuite à l'aide de pelle et pioche la galerie détectée jusqu'à attraper l'animal à l'aide de pinces afin de l'abattre ou de le relâcher à distance. Chaque équipage est noté dans sa prestation par un juge. Dans le cas de Cluny, le préfet a autorisé la manifestation mais refusé la mise à mort des blaireaux.
Quoi qu'il en soit, la Confédération des associations de protection de l'environnement et de la nature de S.- & L. (CAPEN 71) et France Nature Environnement (FNE) s'insurgent avec virulence contre ce concours. Il se produit « en pleine période de reproduction » et, disent-elles, « c'est la technique de chasse la plus cruelle pratiquée aujourd'hui en France. » On notera d'ailleurs que la compétition se produit dès le deuxième jour de la période complémentaire de chasse accordée sur le blaireau (du 15 mai au 15 septembre) « lorsque les petits sont à peine sortis des terriers et dépendent des adultes » selon la CAPEN 71 et FNE. Et si les blaireaux de Cluny ne seront pas tués, des écologistes de l'association Meles (du nom latin de l'animal) précisent que le stress les fait parfois mourir de la « myopathie de la capture » dans les heures qui suivent le relâcher. Argument controversé, un veneur de S.- & -L. précise que « en 30 ans de vénerie, je n'ai jamais vu mourir un blaireau déterré ». De son côté, l'Association ornithologique et mammalogique de S.- & -L. (AOMSL) prend bonne note de la mansuétude de la préfecture mais observe que « les terriers seront tout de même détruits ! » Elle aussi est vivement opposée à ce concours : « c'est un défoulement organisé qui n'est pas la meilleure façon de gérer la faune sauvage… »
Pour les protecteurs de la nature, le fait que ce concours de chiens aux dépens d'un animal sauvage relève du « loisir » est choquant. Dès lors, « cette activité de présente aucune utilité, perturbe la faune sauvage et porte atteinte à la biodiversité » déplorent la CAPEN 71 et FNE. Elles mettent le gouvernement devant ses contradictions puisque lors du Grenelle de l'Environnement, il indiquait vouloir « arrêter la perte de biodiversité et conforter la richesse du vivant ». On n'y parviendra pas « si l'on tourne dorénavant le dos à ce genre de pratiques anachroniques ».
La CAPEN et l'AOMSL sont reçues aujourd'hui en préfecture pour demander l'interdiction de ce concours. Elles rappelleront que le blaireau est protégé en Grande Bretagne, Italie, Espagne, Grèce, Belgique, Pays-Bas et au Luxembourg. Voilà pour la voie officielle. Côté coulisses, une association locale a été contactée par des activistes écologiques de la capitale semble-t-il décidés à jouer les gros bras à Cluny pour protéger les blaireaux.
Thierry Dromard
En Saône-et-Loire comme à peu près partout en France, le blaireau n’est pas considéré comme nuisible mais comme un gibier… bien que les chasseurs ne le consomment plus. En conséquence de quoi il se chasse pendant la période d’ouverture, enrichie en Saône-et-Loire d’une période complémentaire du 15 mai au 15 septembre. Autre conséquence de ce classement : ses dégâts aux cultures ne sont pas indemnisables contrairement à ceux du sanglier, beaucoup plus importants il est vrai. Cela dit, les dégâts du blaireau sont assez faibles et localisés : il lui arrive de consommer des épis de maïs, blé, avoine, orge et de les piétiner. Les études de ses crottes et contenu d’estomac révèlent qu’il n’est quasiment pas prédateur de petit gibier ni de ses œufs. Paradoxalement, ce mammifère nocturne est aussi un auxiliaire de l’agriculture : omnivore, il inscrit volontiers petits rongeurs et vers blancs à son menu. On reproche parfois au blaireau l’effondrement que peuvent causer ses galeries dans un champ, sous une route ou un chemin. Là encore, c’est rare. Plus anecdotique, un cas de terrier fut constaté il y a une quinzaine d’années dans un cimetière désaffecté de Saint-Jean-de-Vaux, l’animal nichant dans une tombe.
Le jsl 24/04/2008
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