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CAP21 - Le Rassemblement Citoyen

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L'équipe de CAP21-LRC en Bourgogne Franche-Comté:

 

Sébastien Heroguelle

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Déléguée Départemental Adjointe de la Côte d’Or

 

BC-1

Brigitte Compain-Murez

Déléguée Départementale de la Nièvre

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Jean Marc Collet

Jean Marc Collet

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CAP21 Bourgogne Le Rassemblement Citoyen


CAP21 Le Rassemblement Citoyen

CL2Présidé par Corinne Lepage, Eurodéputée, CAP21 Le Rassemblement Citoyen est un mouvement politique, écologiste, humaniste et citoyen, issu de la société civile, qui s'inscrit résolument dans le respect des principes républicains et démocratiques. Nous défendons des valeurs fondamentales auxquelles nous vouons notre action : La protection durable de la vie humaine et de la biodiversité doit être la priorité. Les notions d'éthique et de responsabilité doivent être placées au cœur de l'économie de marché qui n'est qu'un outil au service du développement durable.  Le principe de précaution devient un principe d'action politique.  La solidarité doit être affirmée face à l'exclusion.  La mondialisation doit être régulée au bénéfice de l'Homme et de la Planète.  Le sens de la démocratie doit être retrouvé......    La défense de ces valeurs n'est  ni de droite, ni de gauche, le développement durable est tout simplement le droit à la vie, c'est dans ce droit et le respect de l'autre que nous nous inscrivons. Aussi, toutes les femmes et les hommes de bonne volonté voulant un avenir pour les générations futures sont invités à nous rejoindre. 

Adhérez 

CAP21 Le Rassemblement Citoyen 81 Rue de Monceau 75008 Paris cap21infos@gmail.com 

2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 17:59

index-copie-2L’eurodéputée a convoqué la presse ce matin pour faire le point sur la polémique ayant trait aux OGM. Elle n’a pas raté l’occasion de répondre aux remontrances des détracteurs de l’étude à charge du professeur Gilles-Éric Séralini.

Grande avaleuse de dossiers, l’ancienne ministre de l’Environnement connaît bien le sujet des OGM. Elle vient d’ailleurs de publier un livre riche en informations et en enseignements, La vérité sur les OGM, c’est notre affaire. Le « système » en prend pour son grade et il a de nouveau été sévèrement tancé tout à l’heure.

Et pour cause : comme pour le nucléaire, les enjeux et les intérêts financiers sont tels que la transparence et l’indépendance scientifique feraient défaut. Alors même qu’il en va de notre santé… Tout en ayant constaté des « effets statistiquement significatifs » sur ses maïs génétiquement modifiés NK 603 et MON 863, dixit Mme Lepage, la toute-puissante multinationale américaine Monsanto fait le forcing et s’est déjà mis de nombreux scientifiques et politiques européens dans la poche. En face, avec moins de moyens de pression, mais en pouvant s’appuyer sur le fort scepticisme des opinions publiques continentales, écologistes et associations de protection de l’environnement entendent jouer à fond leur rôle d’empêcheurs de tourner en rond.

Ayant eu cours sur deux ans, une durée inhabituellement longue, l’étude précitée a fait l’effet d’une bombe. Mais au fait, pourquoi deux ans ? « Deux ans de la vie d’un rat, c’est l’équivalent d’une vie entière », a justifié Mme Lepage, qui a rappelé que ladite expertise, qui « devait sortir fin 2011 » et épingle le maïs transgénique NK 603, tolérant à l’herbicide Roundup, a porté sur « une population de deux cents individus, cent mâles et cent femelles divisés en groupes de dix ». Une variété d’individus vulnérable aux tumeurs, mais que Monsanto a également testée…

La présidente de Cap21 a par ailleurs souligné avoir pris contact avec nos confrères du Nouvel Observateur, « tenus » par un engagement de confidentialité, « parce que nous ne voulions pas de pressions ». « On secoue un immense cocotier », a-t-elle estimé, faisant état d’une « multiplication totalement inattendue des tumeurs », laquelle a, il fallait le souligner, été à l’origine d’un « déficit de cent cinquante mille euros à cause de leur analyse ».

 

Au bout de quatre-vingt-dix jours, M. Séralini et son équipe ont constaté des changements sur quelque cinquante paramètres « sanguins, sur le foie, le rein et le poids des rongeurs », a ajouté l’eurodéputée. Les individus malades ont en outre, on le sait, été photographiés et ces clichés sans équivoque ont été relayés par l’hebdomadaire, au grand dam des pro-OGM. Des critiques se sont également élevées pour dénoncer le maintien en vie des rats.

« Ils ont été euthanasiés lorsque le poids de la tumeur a dépassé 20 % du poids total des animaux. Ils se nourrissaient et bougeaient comme les autres », a rétorqué Mme Lepage, qui s’est rendue dans le laboratoire où l’étude a été conduite et qui a aussi répondu aux « Monsantophiles » fustigeant son prétendu financement par la grande distribution : « Cette étude a coûté trois millions deux cent mille euros. Elle a été financée à hauteur d’un million d’euros par la Fondation Charles Léopold Mayer (NDLR : Une fondation indépendante de droit suisse créée en 1982) et de deux millions d’euros par la Fondation CERES. Celle-ci regroupe des PME de la distribution autour d’Auchan qui voulaient tout simplement savoir. » « Carrefour ne l’a pas financée », a assuré l’eurodéputée, démentant ainsi un amalgame particulièrement tenace.

Défendant l’idée d’expertises contradictoires systématiques – « il faudrait que, pour chaque demande d’autorisation, il y ait des experts du pour et du contre. En plus d’une meilleure transparence dans la diffusion des données » -, Mme Lepage prône dans le même temps « un étiquetage complet » ainsi que « la suspension du maïs NK 603 ». Considérant à juste titre qu’on ne peut être à la fois juge et partie, elle a en outre indiqué avoir « écrit au Commissaire européen à la Santé et à la Protection des consommateurs John Dalli pour que le panel de l’EFSA soit redéfini », parce qu’il y a « un conflit d’intérêts évident » et que « des scientifiques sont dans le système OGM jusque derrière les oreilles (sic) ». Et de « charger » une nouvelle fois sa directrice Catherine Geslin-Lannéelle, laquelle entend maintenir des études s’étalant sur une durée de trois mois seulement et menées au cas par cas.

« La bagarre est vraiment lancée », a déclaré la présidente de Cap21, qui exige « la publication des données brutes » car « il est impossible de travailler correctement si on ne compare pas ce qui est comparable ». Les travaux de M. Séralini sont de son point de vue « l’occasion d’un débat de société ».

Puisse-t-elle dire vrai, pour la bonne raison que le sujet des OGM mérite autre chose que des investigations biaisées.

Article de Guillaume Duhamel, paru le Mardi 2 octobre 2012 dans http://www.zegreenweb.com/sinformer/ogm-corinne-lepage-contre-attaque,60067

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 16:18

arton2551-eceefElles ont tout des OGM, mais ne sont pas considérées comme tels. Les plantes mutées sont pourtant conçues en laboratoire, soumises à des évolutions génétiques à coups de pesticides, de chimie ou de rayons X, par mutagenèse. Elles arrivent maintenant dans nos assiettes. Sans réglementation, sans traçabilité, les plantes mutées pourraient même envahir la filière bio. Des paysans et des citoyens ont procédé à un fauchage de tournesols mutés en Isère, ce 14 juillet. Reportage vidéo. http://vimeo.com/45791725

« Dans l’huile de tournesol que vous achetez, il y a une partie issue de tournesols mutés. En région Rhône-Alpes par exemple, on sait qu’il y avait 30 % de tournesols mutés en 2011 », déplore Guy Germain, paysan dans l’Isère. « Aujourd’hui, c’est du tournesol ; demain, ce sera du colza, il faut que les consommateurs s’emparent du sujet. » Guy Germain est l’un des premiers agriculteurs condamnés pour le fauchage de colza transgénique en 1997 avec la Confédération paysanne. Ce 14 juillet 2012, il a récidivé. À l’appel du collectif des Faucheurs volontaires, il s’est déplacé à Auberives-sur-Varèze (Isère) pour procéder à un fauchage symbolique de tournesols mutés.

Les plantes mutées ont tout des OGM, mais ne sont pas considérées comme tels par la réglementation européenne. Ce sont des semences et des plantes soumises en laboratoire à la mutagenèse. On transforme artificiellement leurs gènes en projetant des rayons X, des agents chimiques ou des pesticides. Et on observe les transformations que cela engendre, en termes de résistance par exemple [1].

La mutagenèse, une pratique OGM ?

« Depuis les années 1950, les chercheurs travaillent sur des cellules qu’ils soumettent à un stress important : par irradiations – bombardements au cobalt ou rayons gamma – ou avec des produits chimiques très agressifs comme la colchicine. C’est ce stress qui provoque une mutation de gènes aussi appelée "mutation incitée" par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) », expliquait pour Basta ! Guy Kastler, du Réseau semences paysannes. « La connaissance aujourd’hui du génome de la plante rend la méthode de la mutagénèse intéressante économiquement et industrialisable. A partir du moment où l’on a la séquence génétique complète d’une plante, on repère immédiatement dans la cellule si un gène a muté ou pas et si la mutation est intéressante. » L’AIEA recense ainsi près de 3 000 variétés de plantes mutées de 170 espèces différentes dans le monde. Les recherches sur les plantes mutées commencent maintenant à être déclinées en cultures destinées à la commercialisation.

Pour la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire, les plantes mutées ne sont pas des OGM. « Contrairement à la transgénèse, il n’y a pas, avec la mutagénèse, introduction d’ADN provenant d’une autre espèce. La réglementation européenne [2] est très claire : elle exclut de son champ d’application les variétés obtenues par mutagénèse », explique sa fédération départementale dans un communiqué dénonçant le fauchage symbolique. Le syndicat assure que « la mutagénèse n’est pas une pratique OGM ».

Herbicides partout, traçabilité nulle part

Pour Martine Chevalier, militante anti-OGM de la Loire, c’est tout le contraire : « Si la règlementation européenne sur les OGM sort la mutagénèse de son champ d’application, c’est bien qu’elle reconnaît que la mutagénèse fabrique des OGM, sinon elle n’aurait pas besoin de la sortir du champ d’application », pointe-t-elle. En étant exclues du champ d’application, les plantes mutées échappent à la réglementation sur les OGM et aux obligations d’évaluation, de traçabilité, d’étiquetage et d’information des citoyens.

Le problème avec les plantes mutées, c’est « la brutalité des stress chimiques ou ionisants de la mutagénèse incitée », estime Martine Chevalier. Il existe, par exemple, des variétés de tournesol muté obtenues à partir du système Clearfield, une technique alliant mutagenèses et herbicides, développé par la société BASF. « Actuellement homologué au Canada pour le canola et le maïs, le système Clearfield sera bientôt offert aux cultivateurs de blé », communique le géant de la chimie. Cette transformation génétique obtenue « au moyen de méthodes d’amélioration des plantes évoluées avec des herbicides de dernière technologie », selon BASF [3], ne choque pas la FNSEA, qui considère que « les variétés Clearfield ont été obtenues à partir de mutations naturelles »...

Des plantes mutées dans les produits bios ?

L’utilisation répétée d’herbicides comporte des risques sanitaires, pour les humains ou les abeilles (lire nos articles sur le sujet). Les plantes mutées ne sont soumises à aucune obligation de traçabilité. « Contrairement aux plantes transgéniques, il n’y a aucune obligation d’information du consommateur », rappelle Guy Kastler. Les plantes mutées peuvent même pénétrer la filière bio. « C’est la politique du fait accompli, dénonce Jean-Luc Juthier, producteur de fruits bios dans la Loire. Les récoltes de ces parcelles se retrouvent mélangées à celles de variétés conventionnelles, puis dans l’assiette. »

« De nombreux paysans ont mis en place des cahiers des charges pour une alimentation sans OGM de leurs animaux, ajoute Jean Vuillet, de la Confédération paysanne Rhône-Alpes. Comment les garantir quand il n’y a pas de traçabilité ? Nos responsables politiques doivent se positionner ». La région Rhône-Alpes a prévu un débat à l’automne sur les plantes mutées. Les Faucheurs volontaires appellent le gouvernement à intervenir pour que les plantes mutées bénéficient enfin d’une évaluation sanitaire et environnementale. « C’est une urgence environnementale, sociale et de santé publique », estime Jean Vuillet.

Face à « ce nouveau cheval de Troie des semenciers », ils étaient plus d’une centaine pour faucher symboliquement une parcelle de tournesols ce 14 juillet. Et pour apprendre à reconnaître un champs de plantes mutées d’un champs traditionnel afin de procéder à des « inspections citoyennes » (voir la vidéo).

Texte : Sophie Chapelle et Ivan du Roy

Vidéo : Sophie Chapelle

Photo : Marie Teyssot

Article parue: http://www.bastamag.net/article2551.html

Notes

[1] « La mutagenèse fait référence à toute production volontaire de variabilité génétique chez un organisme vivant, par l’utilisation d’agents énergétiques (rayons gamma, rayons X...), chimiques ou par culture de cellules exposées à des agents sélectifs comme un herbicide. » Source : Inf’Ogm.

[2] Télécharger la Directive 2001/18/CE relative à la dissémination volontaire d’OGM dans l’environnement

[3] Voir le site de la firme.

 

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 08:01

grippe.jpgEn trente ans, les populations d'oiseaux des champs ont chuté de près de moitié, selon une étude européenne

la future politique agricole commune (PAC), dont la réforme devrait entrer en vigueur en 2014, parviendra-t-elle à être plus verte ? Rien n'est moins sûr. Les associations de défense de l'environnement sont sorties passablement découragées de la conférence organisée, mi-juillet, par la Commission de Bruxelles et la nouvelle présidence chypriote de l'Union européenne (UE), dont l'objet était de « faire le point » avec la société civile sur l'état des négociations entre les Etats membres.

Alors que les mesures agro-environnementales proposées par la Commission sont déjà considérées par ces ONG comme insuffisantes, elles pourraient bien, au fil des discussions menées au sein du Conseil et du Parlement européens, se retrouver en partie vidées de leur substance. Une évolution d'autant plus préoccupante qu'une récente étude révèle un déclin vertigineux des populations d'oiseaux des champs, indicateurs cruciaux de la biodiversité.

Elément-clé de cette « réforme verte », l'obligation pour les agriculteurs de consacrer 7 % de leurs terres à la préservation de haies, de bocages, de petites mares ou de zones tampons, se heurte à de violentes oppositions de la part de la commission de l'agriculture du Parlement et de plusieurs Etats membres. Il en va de même pour la diversification des cultures, qui leur imposerait au moins trois variétés de récoltes et pas plus de 70 % d'une même culture.

« La proposition sur laquelle nous travaillons est déjà extrêmement faible, et le peu d'éléments concrets qu'elle contient sont l'objet d'attaques virulentes de la part du lobby agricole. Tout changer pour que rien ne change : c'est cette vision à court terme qui en train de gagner », se désole Ariel Brunner, responsable des politiques européennes à l'association Birdlife.

« Engrais et pesticides »

Les associations de protection des oiseaux ne sont pas les seules à défendre un verdissement de la PAC. Mais elles ont de bonnes raisons de se mobiliser plus que d'autres. Toutes ont en tête les chiffres catastrophiques récemment publiés par le programme paneuropéen de suivi des oiseaux communs. Selon cette étude, 297 millions d'oiseaux représentatifs des milieux agricoles ont disparu au cours des trente dernières années. Ils étaient environ 600 millions en 1980. C'est donc près de la moitié de leurs effectifs qui s'est évanouie, quand les oiseaux forestiers, eux, n'ont subi qu'une perte de 2 %.

Les chercheurs ont combiné, dans 23 pays de l'UE, les tendances globales des populations de 37 espèces classées en tant qu'oiseaux des champs. Parmi elles, 22 sont en déclin : 39 millions d'oiseaux ont disparu pour l'alouette des champs, 12 millions pour le pipit farlouse, 25 millions pour la linotte mélodieuse, 21 millions pour le bruant jaune...

La Grande-Bretagne figure parmi les pays les plus touchés par cette perte de biodiversité. Alors que la population de perdrix grises est passée en trente ans de 13,4 millions à 2,4 millions (soit moins de 82 %) sur l'ensemble de l'Europe, la perte atteint 91 % au Royaume-Uni. Et il ne s'agit que d'un exemple. On note un moindre déclin de certaines espèces dans les pays qui ont adhéré récemment à l'UE, et dont les systèmes agricoles sont restés plus traditionnels. Mais il ne s'agit peut-être que d'un répit.

Les causes de cette hécatombe généralisée ? Elles sont, hélas, connues de tous. « La recherche est prolifique dans ce domaine, et elle montre sans ambiguïté que ce déclin provient principalement des changements agricoles : l'évolution vers des méthodes intensives et spécialisées, la perte des haies et des jachères, l'utilisation accrue d'engrais et de pesticides », résume Richard Gregory, directeur de projet à la Royal Society for the Protection of Birds (RSPB) et premier signataire de ces travaux.

Toutes les espèces ne pâtissent pas des mêmes maux. Ainsi la perdrix grise a-t-elle surtout été victime de la réduction des insectes dont elle se nourrit, quand le vanneau huppé, espèce limicole vivant pour l'essentiel en prairie humide, a souffert avant tout de l'assèchement des marais et des berges. Mais tous ces changements, qui touchent bien d'autres espèces, doivent beaucoup à la PAC, mise en place en 1962 dans un climat d'après-guerre hanté par les pénuries alimentaires.

« Nul ne peut contester que la production et la sécurité alimentaires sont importantes, mais avoir perdu 300 millions d'oiseaux des champs prouve que l'équilibre actuel est mauvais », insiste M. Grégory, pour qui « nous ignorons le déclin de la biodiversité à notre propre péril ». Une opinion partagée par la Ligue française de protection des oiseaux (LPO). Estimant que cette étude doit aider à « recentrer le débat sur les priorités », elle demande aux décideurs d'avoir « la volonté politique d'inverser la tendance pour la biodiversité des milieux agricoles ». Un vœu pieu dans l'état actuel des forces en présence.

Catherine Vincent

Article paru dans Le Monde du 26 juillet 2012

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25 juin 2012 1 25 /06 /juin /2012 19:28

index-copie-6Le 18 juin lors du Conseil Européen, la position de la France sur la réforme de la PAC a marqué une nette régression dans le "verdissement" de notre agriculture par rapport aux déclarations antérieures.
Le Ministre de l'agriculture Lefoll, ancien député européen pourtant bon connaisseur des dossiers, lui même auteur d'un rapport sur l'agriculture et le changement climatique et porteur de beaucoup d'attentes, a laissé passer sa chance en faisant manifestement machine arrière. Ne devait-il pas faire en sorte , avec le Président François Hollande, que la distribution des aides aux agriculteurs dépendent également des critères agro-environnementaux ? De même ne disaient-ils pas, voici quelques semaines,  que d'autres modèles d'exploitation devaient primer sur l'intensif destructeur des structures des sols et la qualité de l'eau ?
L'agriculture durable a du plomb dans l'aile, on assiste à un détricotement de cette PAC verte, loin du rythme de rotation des sols, des 7 % de territoire à réserver à la biodiversité.

CAP21 demande donc au Ministre de l'Agriculture de revoir sa position et de soutenir le projet initial de la Commission Européenne:
- Une aide de la PAC à hauteur de 30% pour des projets écologiques
- Les exploitations de plus de 3 ha devant avoir 3 types de cultures, la principale ne devant pas dépasser les 70% des terres exploitées.
- Conserver une partie des exploitations en prairie permanente, sauf cas de force majeure.
- Conserver ou faire des réserves écologiques ( minima de 3% des terres des états.

Dominique Damblé secrétaire thématique à l'agriculture et la ruralité.

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 21:47

ecusson.jpgCAP21 Bourgogne sollicite les Elus des communes viticoles en vue de se prononcer contre la décision de rendre totalement libre la plantation des vignes sur tout le territoire de l’Union européenne.

- Considérant la décision prise en 2008 de rendre totalement libre la plantation de vignes sur tout le territoire

de l’Union européenne à partir du 1er janvier 2016 ;

- Considérant que la plantation de vignes est régulée dans certains Etats membres depuis les années 1930

et dans l’Union européenne depuis les années 1970 ;

- Considérant que la Commission a proposé dans la dernière réforme de l’OCM de diminuer le potentiel de

production à travers le financement d’un plan d’arrachage et dans le même temps de libéraliser les

plantations à partir du 1er janvier 2016, que ces deux mesures sont antinomiques ;

- Considérant les conséquences probables de la libéralisation des plantations sur l’économie,

l’aménagement du territoire, les paysages, le tourisme, l’environnement : surproduction, chute des prix,

diminution de la qualité, perte de notoriété, disparition des exploitations familiales, délocalisation du vignoble

vers les plaines, concentration du secteur ;

- Considérant les très vives inquiétudes que provoque cette décision chez les professionnels, les élus et plus

largement les citoyens ;

- Considérant que la quasi totalité des pays producteurs dénonce aujourd’hui cette décision et demande à la

Commission de maintenir cet outil de régulation du potentiel de production ;

- Considérant que la Commission reste toujours sourde à ces appels et se contente de faire circuler un

questionnaire dans la perspective du rapport d’étape qu’elle doit publier en 2013 ;

- Considérant les initiatives qui se font d’ores et déjà jour sur le terrain avant l’échéance du 1er janvier 2016

(spéculation, achat de terrains dans des plaines, etc.) et les inquiétudes grandissantes des vignerons

notamment les jeunes sur leur proche avenir ;

- Considérant que l’encadrement du potentiel de production ne freine pas le développement des exploitations

(plusieurs dizaines de milliers d’hectares de droits attribués durant ces dix dernières années) mais qu’il

permet d’assurer un équilibre entre l’offre et la demande ;

- Considérant que cet instrument n’a aucune incidence sur le budget communautaire ;

- Considérant le calendrier des institutions européennes et l’incertitude importante qui pèsent sur la

réouverture du dossier ;

Au vu de ces éléments, il est proposé de :

- DEMANDER AU GOUVERNEMENT ET AU CHEF DE L’ETAT DE POURSUIVRE LEURS EFFORTS ET

DE CONVAINCRE LES QUELQUES ETATS MEMBRES NÉCESSAIRES À LA FORMATION D’UNE

MAJORITÉ QUALIFIÉE ;

- INVITER LE CONSEIL DES MINISTRES DE L’AGRICULTURE À ACTER FORMELLEMENT ENSUITE

LES POSITIONS ;

- DEMANDER À LA COMMISSION EUROPÉENNE D’ENTENDRE LA POSITION PORTÉE PAR LA QUASITOTALITÉ DES PAYS PRODUCTEURS ET DE FAIRE UNE NOUVELLE PROPOSITION LÉGISLATIVE ;

- APPELER LE PARLEMENT EUROPÉEN À USER DE SES NOUVEAUX POUVOIRS ET À PRENDRE

TOUTES LES INITIALES LÉGISLATIVES ET POLITIQUES UTILES POUR FAIRE ABOUTIR CE DOSSIER

AU PLUS VITE ;

- INVITER LES ÉLUS ET LES COLLECTIVITÉS LOCALES À S’ASSOCIER À CETTE

DÉMARCHE ET À INTERVENIR PAR TOUS LES MOYENS UTILES AUPRÈS DU GOUVERNEMENT

POUR LES CONVAINCRE DE LA NÉCESSITÉ D’ABOUTIR SUR CE DOSSIER.

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 12:04

Dessin de neptunya66

CAP21 s'associe à l'appel de Veille au grain - Bourgogne qui invite les citoyens à prendre part à la consultation publique ouverte au sujet du maïs MON810 par le ministère de l’Agriculture, jusqu’au 6 mars, sur le site internet : http://agriculture.gouv.fr

"Nous avons jusqu’au 6 mars 2012 pour nous exprimer !

Utilisons ce droit !

A l‘instar de nombreuses autres associations environnementales, nous souhaitons alerter les professionnels de l’agriculture et le grand public sur « l’inéluctable contamination des produits de la ruche par le pollen du MON 810 qui rendrait la commercialisation du miel impossible, condamnant à terme non seulement la filière apicole, mais aussi les autres filières agricoles non OGM, conventionnelles et de qualité » (FNE). « La France n’est pas tenue d’attendre une réponse de la Commission européenne dès lors qu’elle a exprimé auprès d’elle une demande de suspension », rappelle la FNE. Nos agriculteurs ne doivent pas semer ce maïs ! La France et le monde sont assez empoisonnés comme ça !

Les semis vont bientôt débuter, le temps presse !!!

Vous pouvez aussi vous renseigner ici infogm.org et/ou participer à la cyberaction OGM "

 

Exemple de lettre à Monsieur le Ministre de l’Agriculture :

Bonjour,

Je suis contre la mise en culture du maïs Bt MON 810 en France. Je suis également contre la culture de tout autre OGM dans tous les pays du monde.

Les publications sur lesquelles vous appuyez votre demande d’interdiction de culture du maïs Bt mettent en évidence, comme vous le soulignez, « des risques environnementaux importants ». En revanche vous n’évoquez pas le risque encouru pour les hommes, lié à la toxicité du maïs Bt sur les cellules humaines (Cytotoxicity on human cells of Cry1Ab and Cry1Ac Bt insecticidal toxins alone or with a glyphosate-based herbicide, Mesnage, Clair, Gress, Then, Székácsd and Séralini, Journal of applied toxicology, 15 février 2012, http://onlinelibrary.wiley.com)

Vous écrivez : « Dans l’hypothèse où la Commission ne donnerait pas suite à la demande française, le Gouvernement envisage d’adopter, en raison de la proximité des semis, une mesure conservatoire visant à interdire temporairement la culture du maïs MON810 sur le territoire national afin de protéger l’environnement. »

Je vous soutiens dans cette démarche et vous demande de tout mettre en œuvre pour interdire durablement la culture du maïs BT et de tout autre OGM en France. Il en va de notre santé, de celle de nos enfants, et de la survie de la filière apicole en France !

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, en ma plus grande considération citoyenne.

Bien cordialement,

Prénom NOM

Consultation publique ouverte jusqu’au 6 mars ici : http://agriculture.gouv.fr

Pour de plus amples informations: http://www.veilleaugrain.org/spip.php?article223

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24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 16:57

3441323499 08b59d359fLe Salon International de l’Agriculture (SIA), c’est une fierté pour la France. On y trouve les plus belles vaches de notre cheptel, les plus belles productions de nos terroirs mais surtout les meilleures initiatives en matière d’environnement.

Le SIA, c’est la preuve qu’il n’est plus possible d’opposer agriculture et environnement. Les deux marchent ensemble. En premier lieu, parce que les agriculteurs respectent leur sol et leurs ressources. C’est leur outil de travail. Qui peut encore imaginer que les agriculteurs scient la branche sur laquelle ils sont assis ? En second lieu, parce que les pratiques agricoles les plus respectueuses de l’environnement permettent de hauts niveaux de rémunération et qu’elles doivent maintenant être généralisées.

Il est donc encore possible de faire toujours mieux en matière d’environnement. La prise en compte de l’environnement doit devenir la règle. Les exploitations agricoles peuvent se retrouver autour d’une « haute productivité environnementale », qui fait mieux que ce que prévoit la réglementation actuelle. Et les filières agricoles de se structurer autour du principe du « produire local ».

Les objectifs du « produire local » sont multiples : assurer le développement des territoires, créer des emplois locaux, rapprocher les bassins de production et de consommation, réduire l’empreinte carbone, mieux rémunérer les agriculteurs, diversifier les activités de production, créer du lien dans le milieu rural.

En produisant local, il s’agit donc de relancer l’activité agricole.  Une relance qui se fera en plaçant l’environnement au cœur de l’agriculture. En substance, il suffit de travailler sur 4 axes : augmenter la recherche sur les pratiques agricoles à « haute productivité environnementale », orienter la formation et l’installation sur les exploitations à « haute productivité environnementale », organiser l’espace rural autour de la valeur « produire local » et, enfin, faire une PAC et une réglementation nationale à la hauteur de notre ambition.

1) Augmenter la politique de recherche et développement en faveur de pratiques agricoles à « haute productivité environnementale »

L’agriculture est une matière extrêmement technique. De nouvelles techniques doivent être importées des centres de recherche vers les exploitations.

Mesure de financement public : aligner les aides publiques sur des critères environnementaux

La recherche doit se tourner vers l’agro-écologie et la chimie verte :

Mesures d’orientation de la recherche : pour l’amélioration des techniques liées à l’agriculture biologique, pour la sélection de variétés adaptées aux nouvelles conditions climatiques (notamment la résistance aux périodes de sécheresse), pour une meilleure compréhension des systèmes agronomiques (interactions sol – biodiversité, lutte biologique intégrée), pour une chimie verte base de la décentralisation énergétique et de la substitution au pétrole (chimie verte sur la partie non-alimentaire de la plante). La recherche agronomique doit se détourner de la priorité actuelle donnée aux OGM, recherche toutefois indispensable pour connaître les impacts sanitaires et environnementaux de telles cultures.

La recherche française est un élément clé de notre réussite. Au niveau des techniques végétales, la France est certainement le pays qui bénéficie de la meilleure technicité. Il faut maintenant rééquilibrer les efforts de recherche avec l’élevage.

2) Orienter la formation et l’installation vers une agriculture à « haute productivité environnementale »

La « haute productivité environnementale » de l’agriculture repose sur différents systèmes d’exploitation, tous compatibles.

Mesures de formation et de soutien : à l’agriculture biologique au premier rang avec un objectif de 10% en 10 ans (contre 3% aujourd’hui), à l’agriculture durable qui calcule avec parcimonie les apports en engrais et en produits phytosanitaires, au retour au sol des effluents d’élevage, à la réutilisation et la récupération des matériaux.

Il faut stimuler la conversion à ces pratiques dès l’installation des agriculteurs.

Mesures de soutien à l’installation : encourager les SAFER à privilégier l’installation de jeunes avec des projets environnementaux ambitieux, augmenter la dotation aux jeunes agriculteurs (DJA) quand ils s’engagent sur des projets durables, demander le remboursement de la DJA bonifiée en cas de non-respect des engagements environnementaux.

3) Organiser l’espace rural autour de la valeur « produire local »

C’est en restructurant l’ensemble de la filière agricole autour de la valeur « produire local » que les exploitations trouveront le moyen d’augmenter à la fois leur compétitivité et leur valeur environnementale.

Mesures de structuration de filière : développement massif des circuits courts en privilégiant les AMAP, les marchés de producteurs, les jardins de cueillette, les jardins de cocagne, les pépinières ou couveuses de maraîchers (formation indispensable avant l’installation sur des petites surfaces).

C’est en restructurant l’ensemble de la filière agricole autour de la valeur « produire local » que les exploitations pourront reconquérir du foncier agricole.

Mesures institutionnelles de maîtrise foncière : destiner les espaces de quelques hectares non pas à l’agrandissement mais à l’installation, mieux négocier les pertes foncières face aux projets de développement urbain en faisant participer le monde agricole à l’élaboration des PLU, lutter conter la spéculation foncière en limitant la consommation foncière des grandes exploitations agricoles, organiser le portage foncier par des établissements publics type ‘Agence des Espaces Verts’.

« Produire local » ne signifie pas renoncer à la position française à l’export. Produire local, c’est avant tout remettre de la diversification sur l’exploitation et valoriser les aires délaissées par les plus grandes structures d’exploitation.

4) Faire une PAC et une réglementation nationale à la hauteur de notre ambition

La PAC ne doit plus creuser les inégalités entre les différentes formes d’agricultures mais bien les réduire.

Mesure de soutien dans la négociation communautaire:

  1. le verdissement de la PAC est une chance pour conditionner les aides directes non pas selon la surface des exploitations (qui favorise la céréaliculture plutôt que l’élevage) mais selon un critère d’éco-conditionnalité. Un compromis de verdissement est à trouver entre 20% et 30% pour ne pas engager une transition trop brutale. ;
  2. Abaissement du seuil de 7% de zones d’intérêt écologique qui sont un gel environnemental. Il faut prouver que l’on peut faire, sur ces aires, une agriculture à la fois productive et respectueuse.

Au niveau national, plusieurs mesures doivent être prises immédiatement :

Mesures réglementaires nationales :

  1. Annulation du « décret nitrates » 2011-1257 qui autorise une hausse de 20% des épandages d’azote ;
  2. Pas de TVA sociale sur les régimes agricoles (les ouvriers agricoles constituent une part minoritaire de la masse salariale) ;
  3. Autorisation de l’utilisation de la semence paysanne ; 4) Réactivation de la clause de sauvegarde pour 2012 pour interdire la culture du maïs Mon810.

Corinne Lepage

Eurodéputée

Candidate à l'élection Présidentielle

Retrouvez le programme de Corinne Lepage sur http://www.corinnelepage.fr/index.php/programme/

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 09:59

OGM ABEILLES

signons la pétition www.ogm-abeille.org

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 17:46

aaaa.jpgDes super lapins produisant des médicaments, des cochons « Enviropig » génétiquement modifiés pour moins polluer, des saumons « Frankenfish » qui grandissent deux fois plus vite, des vaches hypermusclées, ou des chèvres dont le lait fabrique de la soie... Des États-Unis à la Chine, les chercheurs s’en donnent à cœur joie pour greffer des gènes et croiser des espèces. Et attendent avec impatience les autorisations de mise sur le marché. Basta ! a enquêté. (CAP21 Bourgogne reproduit un article paru dans http://www.bastamag.net/article2045.html)

Un croisement génétique entre cochon et souris, avec un gène supplémentaire de la bactérie E.coli. Cela vous ouvre l’appétit ? Ce porc transgénique a été créé par des chercheurs de l’université de Guelph au Canada. Baptisé « Enviropig », il rejette 30 à 70 % moins de phosphore dans ses excréments : la modification génétique lui permet de mieux digérer le phosphore du maïs ou du soja dont il se nourrit. Cette modification chromosomique se transmet de manière stable sur huit générations de porcs, affirment les chercheurs. L’élevage à des fins de recherche a déjà été approuvé. Le ministère de la Santé canadien évalue en ce moment l’innocuité d’Enviropig pour autoriser sa vente dans les rayons des supermarchés. Ce porc génétiquement modifié et présenté comme « écolo » pourrait donc arriver un jour dans nos assiettes.

Ce projet a été développé grâce à des fonds gouvernementaux et à un investissement de l’association des producteurs de porcs, Ontario Pork, propriétaire de la marque commerciale Enviropig™. Problème : le ministère de la Santé « n’effectue pas lui-même des tests d’innocuité sur les aliments transgéniques [et] se fie aux données soumises par le promoteur », proteste le Réseau canadien d’action sur les biotechnologies (RCAB). Considérés comme « renseignements commerciaux confidentiels », les données ne sont pas diffusées aux chercheurs indépendants. Difficile donc d’évaluer les réels risques sanitaires ou environnementaux. Quant à la possibilité de dissémination incontrôlée, le risque zéro n’existe pas. Pour preuve, en 2002, 11 porcelets génétiquement modifiés de l’université ont été accidentellement transformés en nourriture pour volaille, contaminant 675 tonnes d’aliments, dénonce le RCAB.

Le saumon qui grossit deux fois plus vite

La production d’animaux génétiquement modifiés n’est pas récente. Elle date du début des années 1980, avant même les plantes OGM. Mais aujourd’hui, pour la première fois, des animaux porteurs de gènes étrangers à leur espèce pourraient être destinés à l’alimentation humaine. En cas d’autorisation, Enviropig ouvrira la porte à de nombreux autres spécimens d’animaux. Autre projet en attente d’autorisation : AquAdvantage, le saumon transgénique américain. Créé par AquaBounty Technologies, une entreprise de biotechnologies installée au Massachusetts (États-Unis), ce poisson génétiquement modifié est obtenu par l’addition d’un gène d’un autre saumon [1], et d’un gène d’anguille, agissant sur la croissance. Baptisé par ses détracteurs le « Frankenfish », il a la particularité de grossir deux fois plus vite que son homologue non modifié.

Objectif affiché : réduire la pression sur les écosystèmes marins. AquAdvantage est une « alternative soutenable au saumon d’élevage », affirme l’entreprise. La Food and Drug Administration (FDA) (l’agence de l’alimentation états-unienne) demande que ces saumons soient élevés dans des bassins sur terre, et non dans des cages en mer, pour réduire les risques de dissémination et de croisement avec des espèces sauvages. Et donc à proximité des consommateurs, « ce qui réduit l’impact environnemental associé au fret », plaide AquaBounty. Pourtant les œufs du saumon sont actuellement produits à l’Île-du-Prince-Édouard, au Canada, et seraient expédiés au Panama pour l’élevage en cas de production de masse… AquaBounty ne produit que des saumons femelles, stérilisées. Mais la stérilisation n’est efficace qu’à 99,8 %, admet l’entreprise.

Un poisson « sans danger », selon les autorités sanitaires

Au Canada, l’étiquetage des OGM n’est pas obligatoire. « Il sera impossible pour les consommateurs de savoir si leur saumon est OGM ou pas. Tout le secteur des producteurs de saumons risquent de souffrir des craintes des consommateurs et du manque de transparence », met en garde Éric Darier, directeur de Greenpeace Québec. AquaBounty a déposé une demande d’autorisation auprès de la FDA pour commercialiser son produit. En septembre 2010, celle-ci a estimé que ce saumon était « sans danger » pour l’homme et pour l’environnement. Mais elle a également demandé des données complémentaires : les études fournies par l’entreprise concernaient un saumon élevé au Canada, et non au Panama.

En 2011, des parlementaires se sont démenés pour bloquer toute approbation [2]. En juin, la Chambre des représentants a interdit à la FDA de dépenser des fonds en 2012 pour l’approbation de ce saumon. Mais en septembre, le Département de l’agriculture des États-Unis a accordé une aide de 494 000 dollars à AquaBounty pour poursuivre ses recherches. Objectif : rendre son saumon transgénique complètement stérile, pour contrer les arguments sur les risques de dissémination. La bataille est loin d’être terminée.

Un poulet génétiquement résistant à la grippe aviaire

Et en France ? « Tout a été arrêté. On peut faire des "modèles animaux" pour la recherche fondamentale ou pour des applications médicales, ce n’est pas contesté. Mais pour les usages alimentaires, il n’y pas plus de projets de transgenèse, affirme Louis-Marie Houdebine, ex-directeur de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Les techniques se sont pourtant améliorées, ce serait aujourd’hui beaucoup plus simple à mettre en œuvre. » Les plantes génétiquement modifiées « ne sont que la partie émergée de l’iceberg », écrivait-il pourtant en 2007. « Il existe en effet au moins autant d’animaux que de plantes qui sont génétiquement modifiés. » Mais les contraintes sont importantes : « Il y a une surenchère dans l’autocensure au sein de l’Inra, notamment du fait de la pression des arracheurs d’OGM », déplore ce fervent partisan des organismes génétiquement modifiés.

Le chercheur vante pourtant les miracles de la « transgenèse animale ». Aux éleveurs bretons, il annonce dans une conférence fin 2011 la production prochaine en France du porc transgénique. Terminé les algues vertes ! Demain, il ne sera plus nécessaire de réduire le nombre de porcheries industrielles, le porc génétiquement écolo résoudra les problèmes de pollution ! « Les Britanniques ont créé des poulets transgéniques résistants à la grippe aviaire, et à toutes les bactéries de H5N1 », s’enthousiasme-t-il.

Cette volaille est produite par des chercheurs des universités de Cambridge et d’Edimbourg, qui espèrent élargir prochainement leurs résultats à la production de poulets transgéniques résistants à de nombreuses maladies. Manger ces poulets présentera-t-il un risque ? « Il n’y a aucune raison de penser que ces poules pourraient être dangereuses d’une quelconque façon. La nature de la modification génétique est telle qu’il est extrêmement improbable que cela puisse avoir des effets négatifs sur les personnes consommant les poulets ou les œufs », affirme le site de l’université. En attendant la (prochaine ?) confirmation de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).

« Quand les gens sont malades, ils sont presque prêts à accepter n’importe quoi »

Le seul risque sanitaire des animaux transgéniques serait la diffusion d’allergènes, expliquent les chercheurs. « Mais j’imagine qu’on a dû donner à manger ces animaux ou des souris transgéniques à des rats, pendant trois mois », explique Louis-Marie Houdebine, qui est également membre du comité d’experts sur les biotechnologies, au sein de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui évalue les aliments contenant des OGM. « C’est un excellent moyen d’alerte pour percevoir d’éventuels problèmes, estime le chercheur, identique à ceux mis en place pour l’évaluation des médicaments. » Quant à la dissémination incontrôlée, elle n’est à craindre que pour les animaux « qui nagent ou volent : un porc qui s’échappe, cela n’arrive pas tous les jours ! Il suffit d’ajouter un grillage autour des porcheries. » Certes...

Les projets en cours ? Des vaches transgéniques au développement musculaire augmenté, des porcs GM dont le lait est enrichi en protéines nutritives pour élever un plus grand nombre de porcelets. Une chèvre avec un gène d’araignée produisant une protéine de soie ultra-solide dans son lait, qui sert à la fabrication de gilets pare-balles. Ou, un peu moins encombrant, le ver au gène d’araignée... La transgenèse animale est aussi utilisée par l’industrie pharmaceutique. « Dans le domaine médical, l’opposition à la transgenèse animale sera nulle. Quand les gens sont malades, ils sont presque prêts à accepter n’importe quoi », affirme Louis-Marie Houdebine.

Un super lapin qui produit vos médicaments

Le chercheur a cofondé une start-up, Bioprotein Technologies Inc., spécialisée dans la production de protéines et de vaccins, grâce au lait de lapines génétiquement modifiées : « À partir d’un gène identifié par ses clients, BioProtein Technologies conçoit des lignées de lapines transgéniques secrétant la protéine d’intérêt dans leur lait. » Dans des quantités allant du gramme à la dizaine de kilogrammes. BioProtein Technologies propose aux sociétés pharmaceutiques de nombreux services, de la « production rapide de quelques dizaines de grammes de protéines pour des travaux de recherche », à « l’élaboration de modèles animaux pour l’étude fonctionnelle de maladies humaines ». Remplacera-t-on bientôt les usines pharmaceutiques par des élevages de lapins ?

En France, l’animal transgénique, c’est aussi de l’art ! Le projet « GFP Bunny » est né à Jouy-en-Josas, sous l’impulsion de Louis-Marie Houdebine. En 2000, l’Inra crée le premier lapin fluorescent (sous une lumière ultraviolette), grâce à un gène de méduse. Le lapin est exposé lors d’événements culturels. Une affaire qui a fait polémique au sein même de l’Inra. Au début des années 2000, l’animal transgénique de compagnie a aussi eu son heure de gloire en Asie. Le TK1, poisson-zèbre fluorescent – lui aussi grâce à un gène de méduse – quitte les laboratoires. 100 000 poissons mutants de compagnie sont produits en moins d’un mois, Taïwan autorise la vente, et le trafic s’organise vers les pays voisins. Aucune dissémination ? Taikong Corp. assure en 2003 que les prochaines générations de poissons seront rendues stériles… Sachant que le poisson-zèbre peut produire jusqu’à 200 œufs par ponte, il est temps de s’en préoccuper une fois l’animal lâché dans les aquariums du monde entier.

La Chine, paradis des animaux transgéniques

Le risque de voir ces créatures transgéniques mélanger leurs chromosomes avec des espèces animales non modifiées existe bel et bien. Un processus incontrôlable aux conséquences imprévisibles. Aux États-Unis, cela ne semble pas être un frein au développement en masse des « animaux GE » Genetically Engineered, pour l’alimentation. « Le lobby des biotechnologies est très puissant en Amérique du Nord. La demande d’autorisation du saumon OGM pour la consommation humaine est bien avancée aux États-Unis. Un peu moins au Canada, mais le gouvernement a récemment suggéré que si les États-Unis l’autorisent, le Canada pourrait l’autoriser automatiquement ! », prévient Éric Darier, directeur de Greenpeace Québec.

En Europe, où les OGM ont moins bonne presse, les institutions travaillent sur l’acceptabilité sociale, au travers notamment du projet Pegasus, auquel collabore Louis-Marie Houdebine. « La Commission européenne est paniquée de voir la situation des OGM en Europe et à quel point on passe à côté de marchés », assure le chercheur. D’où ce projet européen qui cherche à analyser les « préoccupations du public » concernant le développement des animaux génétiquement modifiés, notamment « les produits alimentaires et pharmaceutiques dérivés ».

Objectif : ne pas reproduire les « erreurs » de la diffusion des plantes OGM, qui ont entraîné le rejet des consommateurs. Un rapport publié en octobre 2011 fait le constat que de nombreuses entreprises états-uniennes du secteur émigrent vers la Chine, eldorado de la transgenèse animale. Le rapport souligne les avantages de la recherche chinoise, menée « sans restrictions ». Et pointe le succès de la « complexe stratégie de communication » du gouvernement chinois, qui permet aujourd’hui une acceptation incomparable des animaux transgéniques par la population. Vous avez aimé les X-Men au cinéma, aimerez-vous les X-animals dans vos assiettes ?

Agnès Rousseaux

Article paru dans http://www.bastamag.net/article2045.html

[1] Le saumon chinook, la plus grosse espèce de saumon du Pacifique.

[2] Notamment des représentants de l’Alaska qui voient dans ce projet une menace pour l’industrie du saumon dans leur État.

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 10:28

OGM2Fin janvier, Bruno Le Maire a notifié à la Commission européenne un projet d’arrêté visant à définir les conditions de la coexistence. Ce texte, téléchargeable sur le site de la Commission européenne , confirme les craintes des organisations paysannes, apicoles et environnementales : Bruno Le Maire a choisi son camp, celui de la contamination par les OGM ! Certains membres du gouvernement ont avoué la fragilité du moratoire devant les juridictions, et cela signifie que des cultures d’OGM pourraient intervenir en avril ou en mai. Malgré cela, Bruno Le Maire organise la coexistence la plus laxiste d’Europe. Le texte prévoit pour le maïs :
- Au choix, 50 mètres entre une parcelle GM et une culture non GM interféconde ou « l’implantation (…) d’une bordure d’une largeur minimale de 9 m constituée d’une variété de maïs non génétiquement modifié » ;
- Pas une ligne pour protéger l’apiculture (pour rappel, du miel contenant du pollen de maïs MON810 est invendable puisque Monsanto n’a pas demandé d’autorisation de ce pollen dans l’alimentation humaine ) ;
- Pas une fois n’est mentionnée l’agriculture biologique ;
- Rien n’est dit pour éviter les contaminations des variétés locales de maïs population, dont les agriculteurs ressèment chaque année une partie de leur récolte ;
- L’étiquetage « sans OGM », qui vient de faire l’objet d’un décret ne bénéficie d’aucune protection particulière ;
- Aucune explication n’est fournie quant à l’absence de prise en compte des recommandations du CEES du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) – en, l’espèce ce sont plutôt les préconisations de l’Association générale des producteurs de maïs qui ont été suivies.
Si ce projet était définitivement adopté, il signerait l’arrêt de mort de l’apiculture française, de l’agriculture biologique et des semences paysannes. Nous dénonçons ces mesures en faveur d’une coexistence qui signifie la fin des filières agricoles et apicoles de qualité, cohérentes avec un développement soutenable. Nous dénonçons le double-langage du gouvernement : d’un côté, il n’a de cesse de répéter qu’il adoptera un moratoire et de l’autre, il prépare en sous main la culture hégémonique du MON810. Avons-nous encore besoin de rappeler que les Français n’en veulent pas ?! Il est inadmissible que le gouvernement se soumette au lobby au détriment des promesses faites aux citoyens !

Nous demandons instamment le retrait de ce projet de texte et l’application de la loi sur les OGM que le gouvernement a lui-même faite voter en 2008. La mise en œuvre de la loi passe par l’interdiction de la culture des OGM dans toute zone à proximité de ruchers, de cultures bios et de maïs population. Dans ce double-jeu pré-électoral, les citoyens, l’agriculture bio et l’apiculture ne seront pas les dindons de la farce.

http://www.confederationpaysanne.fr/ogm-bruno-maire-promet-moratoire-main-organis_23-actu_2017.php


Contact :

- Confédération Paysanne : Guy Kastler, 06 03 94 57 21
- FNAB : Daniel Evain, 06 84 06 64 38
- FNE : Lylian Le Goff, 06 72 15 22 25
- Les Amis de la Terre : Patrick De Kochko, 06 17 06 62 60
- UNAF : Jean-Marie Sirvins, 06 89 37 06 12

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