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CAP21 - Le Rassemblement Citoyen

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L'équipe de CAP21-LRC en Bourgogne Franche-Comté:

 

Sébastien Heroguelle

Délégué Régional Bourgogne Franche-Comté

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Benoit

Benoit Bordart

Délégué Départemental de la Côte d’Or

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Sonia Fisel

Déléguée Départemental Adjointe de la Côte d’Or

 

BC-1

Brigitte Compain-Murez

Déléguée Départementale de la Nièvre

bcompain@orange.fr

 

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Jean René Boisselot

Délégué départemental Saône et Loire

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Jean Marc Collet

Jean Marc Collet

Délégué départemental Yonne

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Responsable Départemental  des Jeunes CAP21 LRC Bourgogne

 

Frédéric Lacroix

Trésorier

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Eugène Krempp

Responsable Agriculture, Agriculture Périurbaine

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Joël Grenier

Responsable des relations avec SDN21

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Florence Bardon Bertoux

Responsable EAU

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Philippe Desbrieres

Reponsable OGM, Santé Environnement

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Jacques Hervé Riffaud

Responsable Mobilité

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Nous sommes tous Charlie!

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CAP21 Bourgogne Le Rassemblement Citoyen


CAP21 Le Rassemblement Citoyen

CL2Présidé par Corinne Lepage, Eurodéputée, CAP21 Le Rassemblement Citoyen est un mouvement politique, écologiste, humaniste et citoyen, issu de la société civile, qui s'inscrit résolument dans le respect des principes républicains et démocratiques. Nous défendons des valeurs fondamentales auxquelles nous vouons notre action : La protection durable de la vie humaine et de la biodiversité doit être la priorité. Les notions d'éthique et de responsabilité doivent être placées au cœur de l'économie de marché qui n'est qu'un outil au service du développement durable.  Le principe de précaution devient un principe d'action politique.  La solidarité doit être affirmée face à l'exclusion.  La mondialisation doit être régulée au bénéfice de l'Homme et de la Planète.  Le sens de la démocratie doit être retrouvé......    La défense de ces valeurs n'est  ni de droite, ni de gauche, le développement durable est tout simplement le droit à la vie, c'est dans ce droit et le respect de l'autre que nous nous inscrivons. Aussi, toutes les femmes et les hommes de bonne volonté voulant un avenir pour les générations futures sont invités à nous rejoindre. 

Adhérez 

CAP21 Le Rassemblement Citoyen 81 Rue de Monceau 75008 Paris cap21infos@gmail.com 

11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 09:14

index-copie-2"Je me réjouis que nous ayons maintenant un processus pour aboutir à un nouveautraité légalement contraignant mais il manque toujours le principal: la volonté politique et l'ambition nécessaires pour éviter un réchauffement climatiquedramatique", a déclaré Corinne Lepage, membre de la délégation officielle du Parlement européen à Durban, à l'issue de la conférence.

"A Durban nous nous sommes heurtés aux limites de la politique et des égoïsmesnationaux. Cela montre à quel point il est important de réformer la gouvernance mondiale de l'environnement lors du sommet de Rio l'année prochaine. Il faut inclure la société civile dans le processus onusien afin d'assurer une représentation de l'intérêt général qui puisse faire pièce aux intérêts nationaux."

"Malheureusement ce sont les gouvernements qui n’ont toujours pas pris la mesure des risques de court et de long terme des changements climatiques qui imposent leur loi aux autres dans ce processus, en premier lieu les Etats-Unis et le Canada. La Chine, qui fait incontestablement des efforts au niveau national, cultive toujours de nombreuses ambiguïtés. Les lobbies pétroliers, charbonniers et les Etats portant ces voix ont clairement pesé sur le processus en faisant repousser les décisions importantes à une date ultérieure. Le choix  de la prochaine COP vers le Qatar, Etat totalitaire privant de droits la société civile (les syndicalistes, ONG, les femmes) et premier émetteur de gaz à effet de serre par habitant, était un mauvais symbole. Le reste de la conférence a été à cette image."

 "Pourtant les scientifiques sont clairs: la contrainte physique du changement climatique va remettre en cause notre mode de vie, bouleverser nos économies comme leséquilibres géographiques et démographiques. Tout au long de la conférence les représentants de la société civile et d’Etats exposés ont prouvé qu’il était possible de faire avancer les choses à 7 milliards d’habitants. En effet une économie verte porteuse de création de valeur, d’emplois et de bien-être ne demande qu’à se développer."

"L’Union européenne a quant à elle prouvé qu'en défendant une feuille de route volontariste aux côtés des pays les moins avancés et des Etats insulaires elle pouvait être forte, même si ses divergences ponctuelles sur la question de l'air chaud ont failli lui être fatales. Ce volontarisme doit impérativement continuer à s’imposer dans les mois qui viennent pour aborder le principal: l'impérieuse nécessité de faire preuve d'ambition pour éviter un réchauffement climatique dramatique."

"Les avancées nécessaires ne seront possibles que lorsque la gouvernance mondiale permettra de faire co-exister la représentation des nations et la représentation des citoyens du monde directement confrontés aux effets du changement climatique et qui veulent éviter le pire à leurs descendants."

La communauté internationale s'est mise d'accord à Durban sur une feuille de route  pour élaborer d'ici 2015 un Protocole, un accord légalement contraignant, ou un « résultat légal avec force juridique » qui inclurait toutes les économies majeures, dont les Etats-Unis et la Chine, et qui entrerait en vigueur à une date indéterminée. En échange l'Union européenne a signé pour une deuxième période d'engagement sous le protocole de Kyoto. Le Canada, la Russie et le Japon, pourtant signataires du Protocole, ont de leur côté refusé de s'engager pour une deuxième période. De nouveaux engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre n'ont pas été discutés à Durban mais les Parties ont reconnu l'écart préoccupant entre les engagements actuels et ce qu'il est nécessaire de faire pour avoir une chance d'éviter un réchauffement au delà de 2°C. La conférence a également acté l’opérationnalisation du Fonds Vert pour le Climat.

Corinne Lepage

Députée Européenne

Fondatrice de CAP21 - Candidate à l'élection présidentielle 2012

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 19:17

Un des moments forts du congrès de cap21 du samedi 22 octobre a été la signature de la Charte du réseau sortir du nucléaire, avec Sophie Morel, administratrice et porte-parole du réseau.




Voir et signer la charte sur le site du réseau Sortir du Nucleaire
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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 09:01

terre_climat.jpgLes scientifiques ont depuis longtemps prédit le déclenchement de conflits, dans les années à venir, du fait du changement climatique. Cette semaine, c’était au tour du Conseil de sécurité de l’ONU, dans le cadre d’une réunion spéciale sur le climat, d’examiner très sérieusement la nécessité et la pertinence de l’intervention des Nations unies dans les violences notamment causées par l’augmentation du niveau des mers et la raréfaction des ressources.

 

 

D’ici la fin du siècle, selon les scénarios du Giec, les températures devraient ainsi augmenter de 2 à 4° C, le niveau des mers monter de 20 à 60 cm, 200 millions de personnes pourraient être déplacées et les inondations, tempêtes, sécheresses et autres catastrophes devraient se multiplier, provoquant de facto des conflits environnementaux.

Mercredi, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a ainsi pris position en faveur d’une extension du champ d’action de l’ONU aux conflits environnementaux, estimant que le changement climatique était une menace pour la paix et la sécurité mondiales. Le Sud-Coréen a évoqué l’intervention d’une force de "casques verts" pour désamorcer ces conflits .

L’idée de peindre des casques bleus en vert divise toutefois au sein des Nations unies, rapporte le Guardian. D’un côté, la Chine ou la Russie, deux des membres permanents au Conseil de sécurité, ont déclaré que les problèmes environnementaux n’étaient pas du ressort de l'ONU mais de celui des experts scientifiques. De manière moins attendue, l’Allemagne a, elle aussi, jugé qu'une action de l'ONU dans ce domaine était "prématurée". Son ambassadeur aux Nations unies, Peter Wittig, a fait part au Huffington Post de ses doutes quant à l'efficacité d’éventuels casques verts : "Faire intervenir des casques verts pourrait donner un signal fort dans la lutte contre le changement climatique mais leur rôle sera-t-il vraiment différent des tâches que les actuels casques bleus remplissent déjà aujourd'hui, notamment dans les pays les plus fragiles ?"

D'un autre côté, des îles comme Tuvalu, les Seychelles ou les Maldives, directement menacées par la montée des eaux, ont tenté de faire classer le changement climatique au rang de priorité internationale par l’ONU. Dans une tribune au New York Times, lundi, Marcus Stephen, président de Nauru, Etat insulaire d’Océanie, décrivait ainsi le climat comme "une menace aussi importante que la prolifération nucléaire ou le terrorisme international" et demandait la nomination d'un représentant spécial des Nations unies au climat et à la sécurité.

La question des casques verts n’a au final pas été tranchée. Elle sera au menu de la prochaine conférence de l'ONU sur le climat, qui se tiendra en décembre à Durban, en Afrique du Sud.

 

Article publié dans http://ecologie.blog.lemonde.fr/2011/07/22/bientot-des-casques-verts-du-changement-climatique-a-lonu/

 

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 10:55

 

En ce moment se décide les choix énergétique de demain au niveau européen, vendredi dernier se tenait le Conseil européen de l’énergie. Les stratégies européennes autour d’énergie 2020 et infrastructures énergétiques font partie intégrante de cette stratégie. Demain au Parlement européen se déroulera le Low Carbon Economy Summit avec Son Altesse Royale le Prince de Galles, le Président du Parlement européen Mr. Jerzy Buzek, le Président de la Commission européenne Mr. Jose-Manuel Barroso, le Président du Conseil européen Mr. Herman van Rompuy.
Du Conseil européen de vendredi j’ai retenu la tentative du président de la République de mettre sur un pied d’égalité le nucléaire et les énergies renouvelables au détriment de ces dernières.

Ci-dessous, les deux premiers de la série: « le nucléaire une tragédie annoncée » et « les sources historiques de l’exception française »

Nucléaire : une tragédie nationale annoncée

1) La nécessité d’un débat
Le sujet du nucléaire, qui est probablement le sujet le plus structurant de l’économie et pour partie de la politique française est en réalité assez mal connu de nos concitoyens. En effet, présenté sous la forme simpliste d’être pour ou contre l’énergie nucléaire, ce sujet fait l’économie d’un véritable débat sur les conséquences financières, industrielles, budgétaires, en terme d’emplois qu’il génère. Si de temps à autre, l’actualité se réfère aux déboires de l’EPR, ou au maintien d’Anne Lauvergeon à la tête d’AREVA, une approche globale du choix du tout nucléaire auquel les présidents successifs et singulièrement Nicolas Sarkozy ont procédé ne fait l’objet d’aucun débat. Le sujet a été banni du Grenelle.
Or, la destruction programmée des différentes filières possibles d’énergies renouvelables est la conséquence inévitable du tout nucléaire. Or, il a été procédé de manière particulièrement discrète, en décembre 2010, à une manipulation permettant à EDF de s’affranchir de ses obligations en terme de démantèlement des centrales nucléaire malgré nos engagements communautaires et les injonctions de la Cour des Comptes .Or, l’usager est appelé à payer de plus en plus cher son électricité et le contribuable est appelé à suppléer une filière nucléaire dont la trésorerie est telle qu’elle ne peut plus faire face aux engagements sur le long terme qu’elle a contracté à l’égard de la société.
Il est indispensable de prendre la mesure de la tragédie nationale qui se joue avec les choix que la filière nucléaire impose, à commencer par l’abandon volontaire de toute filière française dans le domaine des énergies renouvelables et de la sobriété énergétique, à continuer avec une impossible décentralisation énergétique, à terminer avec une charge indéfinie et infinie sur les finances publiques.
Il faut prendre la mesure des conséquences en termes de sûreté du recours croissant à la sous-traitance, des impératifs croissants de rentabilité qui contrecarrent les exigences de sécurité, des risques sur la santé l’environnement que font courir les choix actuels d’AREVA, qui, confrontés à une absence de clients pour le retraitement acceptent de traiter des produits de plus en plus dangereux.
Il faut apprécier le risque commercial donc financier que fait courir non seulement au secteur industriel mais également aux finances publiques l’entêtement autour de l’EPR qui apparaît de manière croissante comme un échec commercial.
Il faut enfin prendre en considération les implications pour la politique française, au niveau national comme au niveau international de cette particularité française qui fait de nous le pays le plus nucléarisé au monde.
La question ne doit pas être seulement posée comme elle l’est généralement, uniquement en fonction des risques indéniables que cette technologie fait courir à notre territoire, même si jusqu’à présent les conditions de sûreté ont été particulièrement sérieuses. Elle doit l’être également, et peut-être avant tout, sur une base économique, financière et industrielle afin que la société française puisse, sur la base d’études honnêtes, élaborées sur le principe d’une expertise contradictoire et globale, faire un choix non pas idéologique mais véritablement stratégique en fonction de nos intérêts sur le long terme.

Chacune de ses questions m’a conduite à une réflexion et à une volonté de transparence et d’information, trop longtemps absentes. Cette réflexion, chapitrée, ne prétend pas à l’exhaustivité mais a pour objectif de lancer véritablement le débat sur une approche transversale que le pouvoir cherche à tout prix à éviter. Il est en effet indispensable que nos concitoyens puissent s’emparer des vrais sujets qui commandent la France de demain et puissent mettre en relation une série d’informations dont la synthèse permet, je l’espère, de bien comprendre les termes du débat.

2) Le nucléaire une industrie hors normes
Les raisons pour lesquelles les besoins du système nucléaire sont pris en compte avec une telle priorité en France, mais aussi pour partie en Europe, et dans le monde alors que la plupart des Etats européens refusent le nucléaire, s’expliquent par la particularité des institutions et du droit qui concernent le nucléaire.
Cette particularité vient de ce que le nucléaire est issu à l’origine du domaine militaire, le nucléaire civil étant né des recherches qui ont conduit à Hiroshima et Nagasaki; mais, les liens entre nucléaire civil et nucléaire militaire restent extrêmement étroits, le passage au nucléaire militaire s’effectuant par l’enrichissement de l’uranium lequel donne accès à la capacité de produire des bombes atomiques. Malgré le traité de non-prolifération, le nombre d’Etats nucléarisés militairement n’a cessé de croître et la situation iranienne illustre parfaitement cet état de fait. Or, si l’Iran prétend aujourd’hui accéder au club des pays nucléaires, c’est bien par ce que la France à la fin des années 70 a accepté de négocier notamment avec une entrée dans le capital d’Eurodif. Cette frontière extrêmement floue entre le nucléaire civil et le nucléaire militaire explique pour une part les dérogations multiples au droit commun, l’autre partie de l’explication provenant de la dangerosité même de cette technique, du caractère pour le moment insoluble de la gestion des déchets et de l’irréversibilité de la pollution radioactive qui se calcule en milliers voire centaines de milliers d’années.

Imposer ce système à l’Humanité – puisque même si certains Etats refusent pour leur part le nucléaire, ils peuvent être conduits en supporter les conséquences en cas d’accident (voir Tchernobyl) – a conduit tout d’abord à créer une institution spécialement dévolue au développement de l’énergie nucléaire. Il s’agit de l’agence internationale pour l’énergie nucléaire. Créée en juillet 1957, l’A.I.E.A. dont le siège est à Vienne s’est fixé deux objectifs majeurs : promouvoir l’énergie nucléaire et assurer le caractère civil des activités nucléaires. Théoriquement, chacun des 144 membres que compte l’AIEA bénéficie ainsi des garanties offertes par l’Agence qui est censée vérifier l’exactitude des déclarations faites par les Etats sur les quantités, la présence et l’utilisation de matières nucléaires. Le contrôle comptable, le confinement et la surveillance constituent la base de cette vérification, qui comporte trois étapes distinctes : l’examen de l’information fournie par le pays, la collecte d’informations par les inspections de l’A.I.E.A. et la comparaison entre ces deux sources d’informations. Il n’en demeure pas moins que la souveraineté nationale peut se heurter au contrôle de l’AIEA et que l’objectif de cette dernière est avant tout le développement de l’énergie nucléaire. Cet objectif revêt une importance telle que d’autres agences onusiennes et en particulier l’organisation mondiale de la santé ( on n’évoque même pas le Programme des Nations Unies pour l’Environnement qui n’ a pas pu ou pas osé se pencher sur le sujet) ne peuvent s’intéresser et a fortiori communiquer sur les conséquences sanitaires de l’utilisation de l’énergie nucléaire sans avoir obtenu auparavant l’autorisation de le faire par l’AIEA .En effet, un accord a été signé le 28 mai 1959 (WH A12-40) , accord que dénoncent de nombreuses O.N.G. ( et en particulier des associations qui ont lancé une pétition pour que l’OMS s’émancipe de l’AIEA ).

Ce contrat, imposé à l’OMS en 1959, s’il prétend ne pas porter préjudice aux droits de l’OMS de chercher à promouvoir, développer et coordonner l’action sanitaire internationale y compris la recherche (article1 §2). Mais si une partie se propose d’entreprendre un programme ou une activité dans un domaine qui présente ou peut présenter un intérêt majeur pour l’autre partie, la première consulte la seconde en vue de régler la question d’un commun accord». (Article I, §3) Selon l’article III, «L’OMS et l’AIEA reconnaissent qu’elles peuvent être appelées à prendre certaines mesures restrictives pour sauvegarder le caractère confidentiel de certains documents […] dont la divulgation […] compromettrait d’une manière quelconque la bonne marche» des travaux […] de l’une ou de l’autre. Par l’article VII, ces deux agences de l’ONU s’engagent à éviter «dans leurs activités respectives les doubles emplois inutiles dans le rassemblement, l’établissement et la publication des statistiques […]». Cette soumission de l’OMS à la l’AIEA qui traduit la soumission de la santé aux intérêts du nucléaire a été particulièrement grave lors de la catastrophe de Tchernobyl (1986). C’est l’AIEA qui a géré sur place les mesures et les conséquences sanitaires, l’OMS ne venant sur les lieux qu’en 1989. Autre exemple tout aussi révélateur. La conférence de l’OMS à Genève en 1995 a mis en lumière de nombreuses inquiétudes ; cette conférence ne sera jamais publiée; six mois plus tard l’AIEA en réalisera une autre publiant des chiffres indécents sur les conséquences de Tchernobyl: 31 morts, 200 irradiés, 2000 cancers de la thyroïde chez les enfants. Il faudra attendre 2005 pour que le Secrétaire général de l’ONU reconnaisse que plus de 9 millions d’adultes et 2 millions d’enfants souffrent des conséquences de Tchernobyl ; 25 à 100 000 liquidateurs seraient décédés et entre 14 000 et 500 000 personnes auraient succombé à des cancers. Selon la NRC américaine, le nombre de décès imputables à Tchernobyl s’élèverait à 14 000.

Or tout le travail de l’AIEA à propos de la catastrophe de Tchernobyl a été de nier la réalité sanitaire, empêcher que des études statistiques sérieuses puissent être réalisées et éviter que l’OMS puisse réellement faire le travail qui devait être le sien. Un tel déséquilibre dans le poids des agences onusiennes démontre la force des intérêts nucléaires par rapport à ceux qui défendent l’intérêt des populations.
Au niveau communautaire, la situation est assez comparable. Quelles qu’aient pu être les évolutions des traités de l’Union européenne, le traité Euratom a subsisté, interdisant aux institutions communautaires et en particulier au Parlement européen d’intervenir sur tous les sujets traités par Euratom. Ainsi, les questions de radioprotection, les sujets propres à la sûreté nucléaire ressortissent incontestablement à la compétence d’Euratom. La question des déchets est plus délicate pour Euratom dans la mesure où près de 90 % des citoyens européens souhaitent une législation commune concernant les déchets. Et, la question énergétique étant évidemment de compétence communautaire, les institutions de droit commun ont en leur pouvoir tout ce qui concerne la place du nucléaire dans le bouquet énergétique, l’allocation de ressources, le budget de la recherche, les politiques de l’eau ou encore les installations Seveso. Mais tout pour tout ce qui concerne les normes et donc les conséquences sanitaires sur les travailleurs du nucléaire et les populations, Euratom garde tout le pouvoir.

En France, jusqu’à l’arrivée de Jean Louis Borloo, le contrôle de l’État sur le nucléaire était apparemment resté au ministère de l’industrie, donc des finances. Le mot apparemment doit être utilisé dans la mesure où la question du nucléaire a toujours été directement tranchée à l’Élysée. Elle fait intégralement parti du domaine réservé du chef de l’État. L’attribution de l’énergie au ministère du développement durable aura donc fait long feu dans la mesure où il s’agissait à minima de paraître donner un contre-pouvoir à l’environnement sur le développement de l’énergie nucléaire. De toutes façons, Jean Louis Borloo a accepté d’être quasiment absent du débat sur le nucléaire.
Cette organisation institutionnelle n’est évidemment pas sans conséquence sur les règles qui s‘appliquent au nucléaire. Elle a permis de dispenser le nucléaire de respecter les règles de droit commun applicables aux autres activités et de bénéficier de fonds illimités sans quasiment aucun contrôle démocratique.
À commencer par la Convention de Paris, Convention internationale sur la responsabilité civile en matière nucléaire dont les règles sont infiniment plus avantageuses que celles, déjà très généreuses que le lobby pétrolier avait obtenues avec la Convention sur la responsabilité civile du fait des pollutions par hydrocarbures. Cette convention qui prévoit trois étages de responsabilité, l’exploitant, l’État d’accueil, la communauté des Etats nucléaires limite en effet à un niveau ridicule le montant total des sommes versées en cas d’accident nucléaire. Le plafond est en effet à, 1,5 milliards d’euros, niveau très inférieur à celui prévu par le FIPOL. À titre de comparaison, la Suisse a évalué à 4000 milliards d’euros le coût d’un accident nucléaire. Un plafond assuranciel aussi bas n’a pu être obtenu précisément que parce que le rapport des forces en faveur du nucléaire était ce qu’il était et que l’opacité la plus totale règne sur ce sujet pourtant majeur. S’il n’en était pas ainsi et si l’opinion publique avait conscience de cette incongruité, le système n’aurait jamais pu être mis en place.

Au niveau communautaire, le fait que Euratom soit le maître d’œuvre de la législation nucléaire permet de court-circuiter le droit commun communautaire dans l’élaboration des règles d’une part mais aussi pour partie dans leur application.
C’est sans doute au niveau français que l’anomalie est la plus flagrante. Le choix du nucléaire en France qui a considérablement impacté notre évolution (certains imputant même au choix nucléaire le retard industriel français), s’est fait sans le vote d’aucune loi. En effet, c’est le décret du 11 décembre 1963, pris sur la base d’un membre de phrase de la loi de 1961 sur la pollution atmosphérique permettant de limiter les rejets radioactifs dans l’air, qui a permis la construction des 58 réacteurs français , de La Hague, de Marcoule et de Super Phénix. Autrement dit, le Parlement a été prié de regarder ailleurs pendant que se réalisait le choix le plus structurant de tout l’après-guerre. Il faudra attendre 1991 pour qu’intervienne une première loi sur la gestion des déchets radioactifs afin d’imposer, à la demande du député socialiste Bataille, un centre d’enfouissement de déchets radioactifs à vie longue (pour lequel visiblement l’État commence à reculer compte tenu du coût passé de 15 à 35 milliards d’euros).
Mais la construction et la surveillance des centrales ne sont pas les seuls domaines à échapper au droit commun. En effet, au début du XXIe siècle, une revue semble avoir été faite de tous les domaines dans lesquels le droit commun pouvait venir « gêner » le bon fonctionnement du statut dérogatoire du nucléaire. Une série de réformes s’en est suivie. À commencer par l’information et la transparence. La législation sur la communication des actes administratifs n’est pas applicable dans le domaine nucléaire depuis le vote de la loi de 2006 qui crée un statut particulier pour la communication des documents et crée dans le même temps un Haut comité pour l’information et la transparence dans le domaine nucléaire dont le moins qu’on puisse dire est qu’il n’est guère prolixe. Le secret-défense a été étendu très largement au domaine nucléaire. Tout ceci fait que des documents qui étaient communicables avant 2006 ne le sont plus aujourd’hui. La loi sur l’eau elle-même pouvait gêner puisque les décrets d’application de la loi de 1992 s’appliquaient aux rejets chimiques des centrales nucléaires. C’est la raison pour laquelle il a été décidé que la loi sur l’eau ne serait pas applicable aux centrales nucléaires qui bénéficieraient des dispositions dérogatoires. Enfin, la question des déchets radioactifs d’une part, de la remise en état des lieux après exploitation d’une centrale nucléaire d’autre part font l’objet de textes spécifiques. Cette dérogation permet que la poursuite de cette activité soit autorisée alors que la question des déchets n’est toujours pas réglée et que les fonds prévus pour la remise en état des sites après démantèlement puissent être affectés à d’autres investissements, remettant à plusieurs générations futures la charge d’assumer la décontamination des sites de cantonnement des centrales. On soulignera simplement que pour l’installation d’une éolienne ou d’un panneau solaire, le droit exige aujourd’hui une garantie financière assurant de la capacité financière de l’opération de remise en état du site.

En conclusion, la poursuite de l’industrie nucléaire ne peut se faire sans que l’information et la transparence qu’elle impose soit évacuée, sans que les règles particulières totalement dérogatoires au droit commun soient applicables et sans que la priorité absolue soit donnée à l’industrie nucléaire sur les intérêts sanitaires et surtout sur tous les autres intérêts économiques pas seulement ceux des autres énergies. Il en est ainsi parce que l’énergie nucléaire est la seule industrie dont on accepte aujourd’hui qu’elle fasse courir à un péril mortel, qu’elle créé des déchets qu’on ne sait pas traiter et dont la toxicité va durer des milliers d’années et pour laquelle il n’y a en réalité aucune assurance. Autrement dit, l’Etat nucléaire est incompatible avec l’Etat démocratique.

Corinne Lepage

Députée Européen

Présidente de CAP21

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 17:39

eolien.jpg

Le projet d’un parc éolien sur le Chemin des moines a du plomb dans l’aile. Les communes concernées se sont prononcées : contre.

Des éoliennes sur Étrigny, Mancey, Nanton, Montceaux-Ragny, Vers et Jugy, c’est non.

 

Les communes visées pour l’implantation d’une dizaine d’éoliennes se sont prononcées, par délibérations aux conseils municipaux, contre. De même que la communauté de communes, dans sa grande majorité (vingt contre, six abstentions). Non concernées directement, des communes voisines s’y sont en revanche montrées favorables.

 

Zone protégée

Le Chemin des moines, considéré comme « le site le plus venté de Saône-et-Loire », est dans le viseur de la société Eole-Res. Mais les élus, à l’image de Jean Untermaier, « pas opposé sur le principe », insistent sur les spécificités du site. « C’est une zone sensible sur le plan de la biodiversité, indique le maire de Montceaux-Ragny. C’est un axe de migration pour les oiseaux (rapaces, cigognes, grues…), et où vivent des chauves-souris, chiroptères… L’implantation d’éoliennes aurait des conséquences désastreuses ». Ce serait aussi, d’un point de vue paysager, « contraire au Schéma de cohérence territoriale orienté vers la préservation du patrimoine », met en avant Jean-Claude Becousse, président de la communauté de communes Entre Saône et Grosne.

 

Autant d’arguments, et d’autres encore apportés par l’association de sauvegarde du pays clunisien autour de Grosne Guye et Grison, qui ont conduit à un rejet du projet. Eole-Res, néanmoins, « continuera à discuter avec certaines communes si elles sont favorables, indique Samuel Lagrange, ingénieur projet. On pourra apporter des études complémentaires sur l’acoustique, la faune et la flore ». « C’est peine perdue, ça n’aboutira pas », tranche Jean-Claude Becousse. Le promoteur « ne poussera pas le projet » si les réticences persistent. On ne voit pas ce qui pourrait les faire changer d’avis.

 

Gaëtan Boltot gboltot@lejsl.fr

 

15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 07:29

bio.jpgLes patrons des grands laboratoires de recherche, les présidents de conseils scientifiques, les académiciens : la fine fleur des savants français spécialistes de l’écologie lance un appel d’urgence à Nicolas Sarkozy. Pour sauver la nature, « on ne peut plus attendre ! » préviennent-ils.

Dans une lettre qui parviendra ce matin (NDLR: le 13 mai) à l’Elysée, les soixante sommités s’alarment des « graves menaces qui pèsent sur notre planète » et s’inquiètent de « la disproportion persistante entre ces menaces et les réponses jusqu’ici apportées ». Les efforts du Grenelle de l’environnement ? « Bien réels, mais dérisoires au regard des enjeux », résume l’écophysiologiste Yvon le Maho, qui -avec Gilles Boeuf, président du Muséum, et l’écologue Robert Barbault- a coordonné ce coup de gueule public. C’est la première fois que les scientifiques de la « biodiversité » s’organisent et sortent du bois.

La France n’est certes pas la seule à échouer, jusqu’ici, à freiner la destruction rapide des milieux naturels et des espèces. Le bilan planétaire que vient de dévoiler l’ONU montre qu’aucun pays n’est au rendez-vous de 2010 visant la stabilisation du rythme des dégradations. Les indicateurs, au contraire, ont tous viré au rouge : effondrements d’écosystèmes entiers, éradications d’espèces, destructions d’habitats, pollutions… Difficile, tant le rythme de ces changements est devenu rapide, de mesurer les facultés de réaction de la nature à ces catastrophes.

Déçus et inquiets, les chercheurs français demandent à Nicolas Sarkozy de hisser la barre beaucoup, beaucoup plus haut. En chiffrant, au passage, l’effort minimum à consentir immédiatement pour pousser la recherche : 3 à 5 milliards d’euros.

 

La liste des 60 signataires de l'appel pour la biodiversité :

Didier Alard Professeur à l’Université de Bordeaux, Zones humides.
James Aronson Directeur de recherche CNRS, biologie de la restauration (Montpellier)
Didier Babin Chercheur au CIRAD
Robert Barbault  Muséum National d'histoire naturelle. Directeur du département écologie
et gestion de la biodiversité
Stéphane Blanc Directeur adjoint de l’Institut pluridisciplinaire Hubert-Curien (CNRS et Université de Strasbourg)
Jacques Blondel Directeur de recherche CNRS émérite. Membre du conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité
Gilles Boeuf Président du Muséum, membre du Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité
Denis Bourguet Directeur de recherche à l'INRA
Francesco Bonadonna Directeur de recherche au CNRS
Vincent Bretagnolle Directeur du Centre d’études biologiques de Chizé
Jérôme Casas Professeur d'écologie et membre du Conseil d'administration de la 
Fondation de la recherche sur la biodiversité
Frank Cézilly Professeur à l'Université de Bourgogne, membre senior 
de l'Institut Universitaire de France.
Sylvain Charlat Chargé de recherche, Laboratoire de biométrie et biologie évolutive, Lyon.
Eric Chauvet Directeur du Laboratoire d’écologie fonctionnelle de Toulouse.
Jérome Chave  Directeur de recherche CNRS (Toulouse), professeur à l'Ecole Polytechnique (Paris)
Yves Cherel Directeur de recherche au CNRS, Chizé.
Jean Clobert Directeur de recherche au CNRS, Directeur du laboratoire souterrain de Moulis
Claude Combes Membre de l’Académie des sciences, Université de Perpignan.
Etienne Danchin Directeur de recherche au CNRS
Bruno David Directeur de recherche au CNRS, Université de Dijon.
Bernard Delay Président de la Fondation de la recherche sur la biodiversité
Henri Décamps Membre de l’Académie des sciences, Université de Toulouse.
Thierry Dutoit Professeur d'Université, Institut méditerranéen d’écologie et de paléoécologie, Avignon   
Jean-Pierre Féral Directeur de recherche au CNRS, océanographe
Jean-Michel Gaillard Directeur de recherche au CNRS
Michel Gauthier-Clerc Station biologique de la Tour du Valat
Philippe Goulletquer Membre du Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité
Pierre-Henri Gouyon Professeur au muséum national d'histoire naturelle
Philippe Gros Direction de la prospective et de la stratégie scientifique à l’IFREMER
Michael Hochberg Directeur de recherche au CNRS, Institut des sciences de l’évolution (Montpellier), Médaille d'argent du CNRS
Yvan Lagadeuc Professeur d’écologie
Sandra Lavorel Membre du conseil scientifique de patrimoine naturel et de la biodiversité
Jean-Dominique Lebreton Membre de l’Académie des sciences
Guillaume Lecointre Systématicien au Muséum national d'histoire naturelle
Jane Lecomte Expertise sur la dissémination des OGM
Jean-Claude Lefeuvre Membre du conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité
Yvon Le Maho Membre de l’Académie des sciences, Président du Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité
Xavier Le Roux Directeur de la fondation de la recherche sur la biodiversité
Yves Luginbühl Membre du Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité
Ghislain de Marsily Membre de l’Académie des sciences
Yannis Michalakis Directeur de recherche, laboratoire CNRS-IRD
Nicolas Mouquet Laboratoire CNRS-IRD, génétique et maladies infectieuses.
Christian de Muizon Paléontologue, directeur de recherche au CNRS, directeur du département Histoire de la Terre au Muséum national d'histoire naturelle
Serge Muller Membre du Conseil national de la protection de la nature et du Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité
Paul Nival Professeur en océanographie
Isabelle Olivieri Directeur de recherche au CNRS. Médaille d’argent du CNRS
Jean-Pierre Pascal Membre du conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité
Pascal Picq Professeur au Collège de France
Jacques Portecop Membre du Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité
François Renaud Directeur de recherche, laboratoire CNRS-IRD. Génétique et maladies infectieuses.
Thierry Rigaud Directeur de recherche au CNRS, Université de Bourgogne
Jean-François Silvain Président du Conseil scientifique de la Fondation de la recherche sur la biodiversité. Membre du Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité
Gabriele Sorci Directeur de recherche CNRS, Université de Bourgogne (Dijon).
Pierre Taberlet Directeur du Centre d’écologie Alpine
Christophe Thebaud Président de la Société d’écologie
Bernard Thierry Ethologiste
Michel Trommetter Directeur de recherche à l'INRA (Grenoble)
Eric Vindimian Directeur régional du CEMAGREF (Montpellier)
Jacques Weber Directeur de recherche au CIRAD, Directeur de l’ex-Institut français de la biodiversité
Henri Weimerskirch Directeur de recherche au CNRS, Centre d’études biologiques de Chizé, Médaille d’argent du CNRS

 

CAP21 apporte son soutien à cette initiaitive!

 

Valérie Urman 13/05/10 in France Soir http://www.francesoir.fr/alimentation-catastrophe-naturelle-environnement-vie-quotidienne/ecologie-l-appel-des-60-savants-nic

30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 20:55

c.jpg35.000 citoyens du monde entier ont participé du 20 au 25 avril à Cochabamba, en Bolivie, à la première « Conférence des peuples sur le changement climatique ». Entre utopie et réalisme, l’accord qui en est sorti appelle notamment à la constitution d’un tribunal international pour juger les « crimes environnementaux ».

 

Quelques semaines après l’échec de la conférence de Copenhague, le Président bolivien, Evo Morales, lançait une invitation à tous les « les peuples, mouvements sociaux, scientifiques, chercheurs, juristes et gouvernements » à venir participer à Cochabamba à la première « Conférence des Peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre mère ». Selon les chiffres officiels, plus de 35.000 personnes, dont 9.000 venant de 142 pays, ont répondu à l’appel. Après quatre jours de conférences, ateliers, et diverses activités autogérées, le sommet de Cochabamba s’est terminé par l’adoption d’un texte, « l’accord des peuples », et un avertissement lancé à l’ONU et aux pays développés.

La déclaration finale issue des travaux de la Conférence sera présentée dès la semaine prochaine au secrétariat de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, et devrait rejoindre l’ensemble des documents servant de base aux négociations officielles. Evo Morales enjoint les pays industrialisés et les Nations Unies à « écouter et prendre en compte les demandes et les propositions issues de Cochabamba » : « Si l’ONU ne veut pas perdre son autorité morale, elle doit appliquer les conclusions de la conférence. » L’inverse pourrait conduire, selon lui, à « une véritable révolution sociale ». La représentante de l’ONU, chahutée par les participants lors de la cérémonie d’ouverture, reconnaît « le manque d’ouverture de l’organisation aux différents groupes sociaux, leaders indigènes et au public en général » ainsi que la nécessité de « s’ouvrir beaucoup plus pour écouter, dialoguer et travailler avec tous les secteurs des sociétés des pays ». Le gouvernement mexicain, via son représentant, promet de son côté qu’il recevra « à bras ouverts » les représentants des peuples indigènes et les mouvements sociaux qui viendront présenter les propositions de Cochabamba à la prochaine conférence des Nations Unies sur le changement climatique qui se déroulera sur son territoire, à Cancun.

 

Attaque en règle contre les pays industrialisés

En quoi consiste « l’accord des peuples » ? Synthèse des travaux de 17 groupes de travail, le texte aborde des sujets directement liés à l’agenda de l’ONU, comme le financement de l’adaptation des sociétés aux contraintes écologiques, ou les suites à donner au protocole de Kyoto. L’une des originalités de cette conférence est d’élargir la réflexion à des questions peu ou pas abordées en Occident – rédiger une déclaration des « droits de la Terre mère », prendre en compte des solutions portées par les peuples indigènes, rechercher l’« harmonie avec la nature » – et de proposer de nouveaux outils pour lutter contre le changement climatique tout en impliquant les peuples dans ce processus : instauration d’un tribunal de justice environnementale, organisation d’un referendum mondial…

La déclaration finale souligne la responsabilité du système capitaliste dans la crise environnementale actuelle, du fait de sa recherche perpétuelle du « profit à tout prix » qui conduit à « séparer l’homme de la nature, et à établir une logique de domination et de marchandisation de la nature ». Le texte souligne que seul un changement profond de modèle, basé sur les principes de « complémentarité, de solidarité, d’équité, de bien-être collectif et de satisfaction des nécessités de tous en harmonie avec la nature » peut limiter la crise climatique et environnementale actuelle.

Côté propositions concrètes, la déclaration exige qu’à la prochaine conférence de Cancun, les États industrialisés s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 50% par rapport à 1990, de sorte que l’augmentation de la température ne dépasse pas 1 à 1,5 degrés. La déclaration rejette les principes de compensation tels qu’ils existent actuellement dans le cadre du « Mécanisme de développement propre », les marchés d’émission de carbone revenant à commercialiser la nature. Le texte enjoint les pays industrialisés à assumer leur dette climatique en dédiant 6% de leurs revenus à des actions destinées à protéger et restaurer l’environnement, et en mettant l’accent sur le transfert de technologies propres.

Vers un tribunal de justice environnementale ?

Le souhait d’organiser un référendum mondial sur l’environnement reste assez flou et rencontrera des difficultés logistiques probablement insurmontables. Quelles que soient les suites qui seront données à cette initiative – consultation sur Internet, campagne de sensibilisation, référendum dans certains pays… –, c’est bien la volonté d’impliquer les citoyens et d’écouter les populations directement affectées par le changement climatique qu’il faut retenir. La proposition de créer un « tribunal de justice climatique et environnementale » sur le modèle des tribunaux internationaux existants, paraît plus réaliste. Ce tribunal pourrait être saisi par des États ou des peuples pour juger des personnes, gouvernements ou entreprises ayant commis des « crimes environnementaux ». Mais comment garantir, s’il voit le jour, qu’il aura un poids suffisamment contraignant pour obliger les coupables à réparer leurs atteintes à l’environnement et à payer des amendes ? Enfin, la plupart des exigences adressées aux pays industrialisés, notamment en matière de réduction d’émission de gaz à effet de serre ou d’engagements financiers, semblent déconnectées des réalités actuelles. On imagine mal les États du Nord engager 6% de leur PIB pour lutter contre le réchauffement climatique et ses impacts au Sud.

Reste la dimension politique de cette première édition de la conférence des peuples sur le changement climatique. Il est évident qu’en organisant cet événement, le gouvernement bolivien souhaite établir un nouveau rapport de forces dans les négociations internationales sur le climat. La virulence des propos tenus à l’égard des Nations Unies et des pays industrialisés, de même que l’inscription dans l’accord final d’exigences qui ne pourront en tout état de cause être acceptée, en sont la preuve. Cette conférence a cependant contribué à souligner les insuffisances de l’accord de Copenhague et, surtout, à rappeler l’absolue nécessité de démocratiser les négociations et d’écouter les peuples, communautés et pays qui subissent de plein fouet les effets de la crise environnementale et climatique.

Pauline Lavaud, Fondation France Libertés

Published by CAP21 BOURGOGNE - dans Chgt climatique Effet de serre
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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 17:00

globe.jpgMalgré l’opposition massive de la société civile dans le monde, et l’abstention de cinq pays (1), la Banque mondiale a d’approuvé hier un prêt de 3,75 milliards de dollars pour la société sud-africaine Eskom. Ce financement servira principalement à la construction de la méga centrale à charbon de Medupi, qui sera l’une des plus polluantes au monde. Les Amis de la Terre et CAP21 (NDLR) condamnent fermement ce soutien à un projet dramatique pour l’environnement et qui maintient un apartheid énergétique dans le pays. L’organisation regrette que la France n’ait pas eu le courage politique de voter contre le projet.

 

Près de 200 organisations de la société civile en Afrique du Sud et dans le monde étaient mobilisées contre le projet Eskom. Elles dénoncent notamment les impacts climatiques très lourds du projet : il rejettera 25 millions de tonnes de CO2 par an, soit 5 % des émissions françaises.

 

Anne-Sophie Simpere, chargée de campagne Responsabilité des acteurs financiers aux Amis de la Terre, explique : « La centrale de Medupi va émettre des millions de tonnes de CO2 sur les trente années à venir. Ce type de projets enferme l’Afrique du Sud dans un modèle énergétique archaïque et compromet les efforts internationaux de lutte contre les changements climatiques. Il est scandaleux que la Banque mondiale choisisse d’utiliser ses ressources pour des centrales à charbon quand l’Afrique du Sud a un énorme potentiel en matière de renouvelables et d’efficacité énergétique, qu’il faudrait développer. Que pensera-t-on de ce choix déplorable dans quelques décennies ? ».

 

Les associations expliquent également que le projet ne va pas contribuer à la réduction de la pauvreté. Au contraire, l’électricité produite par Medupi profitera avant tout à des multinationales occidentales, qui bénéficient de tarifs très bas pour l’énergie. Les Sud-Africains verront quant à eux leur facture augmenter, pour contribuer au remboursement de la dette d’Eskom. En outre, ils subiront les impacts locaux de la centrale, en particulier les pollutions au soufre et au mercure qu’elle engendrera.

 

Anne-Sophie Simpere conclut : « La Banque mondiale ne remplit pas sa mission de lutte contre la pauvreté, mais se met au service des entreprises et d’intérêts de très court terme. Elle a fait ce choix au mépris de l’opposition massive de la société civile. Il faut noter que la France a soutenu le projet, violant tous ses engagements et contredisant les déclarations du président Sarkozy en matière de climat et de développement. Pourtant, ce vote n’a pas été facile : cinq Etats se sont abstenus, et le ministère des Finances états-unien a publiquement exprimé ses doutes quant au projet (3) : c’est une situation exceptionnelle. »

La Banque mondiale vient de lancer un processus de révision de sa politique énergétique qui devrait durer toute l’année. Le vote d’aujourd’hui annonce que des réformes très profondes seront nécessaires.

 

Contact :
Caroline Prak
01 48 51 32 22 / 06 86 41 53 43

21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 21:27
corinne.jpgAprès un échec de la violence de celui que nous venons de vivre et qui restera dans l’Histoire à un niveau équivalent à ce qu’eut été un succès témoignant de la capacité de l’Humanité d’assumer son destin, il va de soi que nous devons réfléchir aux causes et conséquences du tsunami qui vient de se passer.

Les causes d’abord. Sans doute est-il de bon ton d’incriminer la présidence danoise qui n’a pas fait montre d’un talent excessif et le blocage évident du système onusien infiniment trop lourd. Mais l’essentiel n’est pas là.
En tout premier lieu, le chaos de Copenhague est à l’échelle du chaos du monde actuel. De même, le fait que les dirigeants du monde aient été capables de sauver le système bancaire et de débloquer des milliards de dollars (qu’ils n’avaient pas en poche pénalisant ainsi le futur) et qu’ils aient démontré leur incurie à sauver l’Humanité d’un désastre inévitable en cas d’échec, illustre l’échelle des valeurs dominantes en ce début de XXIéme siècle et l’illustration de la thèse de Jiared Diamond dans l’Effondrement qui analyse les raisons pour lesquelles, à un moment donné de l’Histoire, une civilisation fait le mauvais choix, celui qui l’emmène à sa perte… Sauf que dans le cas présent , il ne s’agit pas d’une civilisation en particulier, mais de l’Humanité dans son ensemble.

Comme l’a crié à la tribune le président Lula, décrivant la nuit plus qu’improbable qu’il venait de passer, il avait discuté avec des hommes d’affaires et non avec des responsables politiques. Les affaires et l’économisme ont eu raison du bon sens le plus élémentaire. Il faut admettre qu’ils ont été largement aidés par ceux qui ne voulaient pas, et dès le début, d’un accord et ce, pour des raisons diverses. Commençons par les Etats pétroliers, Arabie saoudite en tête, qui, depuis l’origine luttent contre la convention sur les changements climatiques et travaillent de concert avec tous les intérêts pétroliers pour éviter de passer à une économie décarbonnée. Ils ne sont guère éloignés des climato-sceptiques qui ont délibérément saboté la convention en lui faisant perdre deux jours en débats inutiles qui ont cherché à jeter le discrédit sur les travaux du GIEC, discrédit dans lequel, heureusement aucun Etat hors l’Arabie saoudite n’a accordé le moindre intérêt. Ces intérêts pétroliers restent malheureusement très puissants dans l’administration Obama , les Etats-Unis refusant dès l’origine tout accord contraignant tant en ce qui concerne les objectifs de réduction que les financements automatiques et proposant des réductions très faible au regard de l’effort européen.
Continuons avec la Chine qui a boycotté régulièrement toutes les réunions préparatoires depuis plusieurs mois et qui veut avant tout être libre de faire les efforts qu’elle entend et sans aucun contrôle international. Le degré de fermeture dont a fait preuve le premier Ministre chinois préjuge bien mal de la suite.
Tous ces éléments suffisaient amplement à faire échouer par avance la convention. Mais des facteurs supplémentaires se sont agrégés à savoir la faiblesse de l’Europe et la réaction de l’Afrique. Véritable nain politique, l’Europe a été inaudible.

Mais le plus important est sans doute encore ailleurs. L’absence de l’Europe politique est apparue dans toute sa cruauté au cours de ces derniers jours. Même s’il est incontestable que Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, Gordon Brown et Luis Zapatero ont essayé de sauver les meubles, l’Europe n’a pas su parler d’une voie forte et défendre un leadership. La convention climat a fait les frais d’une nouvelle forme de guerre mondiale pour le partage des richesses du XXIéme siècle et le partage du pouvoir. Le poids de la Chine qui a fait bloc avec les 77 et plus précisément l’Afrique dont elle semble vouloir faire, dans une nouvelle forme de colonialisme, une sorte de chasse gardée, a poussé en avant un certain nombre de pays qui sont aujourd’hui les premières victimes du fiasco qui vient de se produire. Une nouvelle coalition se dessine dans laquelle l’Europe est étrangement absente. Tout se joue désormais ailleurs et les constructions tentées au cours des mois passés par le Président Sarkozy et Jean-Louis Borloo ont péri dans le naufrage. Car en réalité, l’Europe et les Etats-Unis payent le prix fort, et surtout l’Europe des promesses non tenues de milliards promis et jamais alloués, de bonnes paroles non concrétisées par des actes, d’une hypocrisie patente. Les Africains ont décidé de dire non et d’exiger un Kyoto 2, une manière de prendre les pays occidentaux au pied de la lettre. Et l’Europe n’a pas su ou voulu relever le gant alors même que le paquet climat énergie permettait parfaitement d’accepter une deuxième période pour Kyoto.

Enfin, le G2 (Chine-USA) et quelques autres n’ont pas voulu reconnaître que la question climatique posait avant tout la question de l’interdépendance entre les pays et rendait indispensable un régime supranational dont le GIEC et le protocole de Kyoto constitue les premiers pas. L’échec dans la négociation d’une convention dite LCA (Long-term Cooperative Action) qui aurait permis de définir des objectifs communs et un partage du fardeau effectif et surtout équitable est probablement le plus grave car on voit mal comment le processus pourrait reprendre. Car en définitive, ce qui a manqué à Copenhague, c’est la confiance et celle-ci ne se décrète pas. Elle se prouve.

En bref, ce fiasco annoncé impose à tous, monde de l’écologie compris, un examen de conscience, la définition de nouvelles stratégies fondées sur l’analyse de la réalité politique et non de l’apparence médiatique.
L’échec total, et non le succès partiel que le gouvernement essaye de nous vendre par l’intermédiaire de la secrétaire d’Etat (à laquelle la communication est abandonnée par le ministre d’Etat et le Président) a au moins ceci de positif qu’il interdit de tricher et impose une remise des compteurs à zéro.
Nous n’avons plus qu’à retrousser nos manches et inventer le process qui permettra, sauf à ce que nous décidions d’un suicide collectif, de donner à l’Humanité les moyens de sa survie.

Et maintenant ? entre colère et imagination

L’échec de Copenhague est avant tout bien sûr celui des politiques. Après avoir fait monter la pression et s’être pour certains, cru pouvoir endosser l’habit du sauveur de la planète, l’échec est à la hauteur de l’urgence. Maintenant que faire ?
Eviter que ce fiasco se transforme en succès pour les climato-sceptiques, les pétroliers et autres lobbys dont la cupidité l’emporte sur leur simple intérêt de personne responsable ne serait ce qu’à l’égard de leur propre famille, à l’instar du patronat d’un grand pays industrialisé fêtant au champagne au Bella center vendredi soir l’échec de la convention ou du premier ministre du Canada qui se dit très heureux de l’échec… La réponse est dans la colère, l’indignation et l’action en tant que citoyen et consommateur.
Eviter que les débuts d’une économie verte qui pourrait jouer un rôle majeur dans la transformation du monde même si ce n’est pas la Solution Unique ne se fracassent devant une incertitude des politiques publiques à venir… La réponse est dans la responsabilité sociale des entreprises, le développement de la consommation responsable et les nouveaux comportements.
Eviter que les engagements pris, même s’ils n’ont pas été formalisés dans un accord soient tenus, à commencer par l’Europe qui a besoin de redorer son blason…. La réponse est dans le changement d’attitude à l’égard de l’Afrique en particulier pour rétablir la confiance en tenant à la virgule les promesses faites et en assurant réellement les transferts de technologie et la réalisation d’opérations concrètes.
Il est désormais clair qu’il n’est plus possible de faire confiance aux politiques, devenus des hommes d’affaires et non des responsables politiques pour reprendre l’expression du président Lula, pour résoudre les problèmes du monde. Le court terme et les visions géostratégiques l’emportent sur le fondamental : notre survie.
Il faut donc changer de gouvernance et le gouverneur Schwartzeneger l’a clairement exprimé. Ce n’est pas dans les couloirs de Washington a-t-il affirmé mais dans les grands mouvements sociaux, citant le mouvement des femmes ou de la résistance à la guerre du Vietnam, que se font les grands changements. Au fiasco de Copenhague, il faut opposer les réalisations présentées par les villes et régions, dans toutes les régions du monde qui, elles, changent le monde concrètement. Les technologies existent. Restent à trouver les financements en particulier dans le sud. La société civile en peut désormais plus compter que sur elle-même pour assurer son avenir et c’est cette propre gouvernance qu’il convient d’organiser. Mais il est évident qu’il est indispensable que nous utilisions notre casquette de consommateur pour choisir en fonction de nos objectifs généraux. Et si la Chine décide de refuser des efforts et exporte son carbone en considérant qu’il doit être mis à notre débit, la réponse est simple. Refusons ses produits et achetons en d’autres fabriqués à proximité et recherchant la sobriété.

Corinne LEPAGE

13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 12:35

L’élevage émet davantage de gaz à effets de serre que tous les transports réunis. Pourtant, le rôle majeur de la surconsommation de viande est systématiquement ignoré. Des solutions simples existent mais vont à l'encontre d'intérêts économiques. Face à l’inertie des pouvoirs publics, des citoyens, des personnalités et des organisations se mobilisent.

Pendant le sommet de Copenhague

Fabrice Nicolino, Pierre Rabhi, Allain Bougrain Dubourg,
Jean-Marie Pelt, Corinne Lepage, Jean-Paul Jaud, Sandrine Bélier
Jean-Paul Besset, Jean-Claude Pierre, Franck Laval et Yves Cochet

sont en grève de la viande pour briser le silence !

Ils exigent dès aujourd'hui une reconnaissance de l'impact de la viande sur l'environnement, la sous-alimentation humaine et la souffrance animale. Ils réclament un moratoire sur l’élevage intensif et des mesures énergiques pour faire baisser la consommation de produits d'origine animale.
Ils appellent l'ensemble des citoyens à les rejoindre dans ces revendications : soyons acteurs de notre société !

La revue de presse de CAP21

la revue de presse est gérée par Marie José Thouvenel  

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